L’auteur Michael Pollan et le neuroscientifique Christof Koch ont débattu de la conscience et des enthéogènes lors d’un événement public à UC Berkeley, animé par Shayla Love et présenté par Cal Performances. L’échange a exploré la manière dont ces substances modifient la perception humaine et le défi persistant de tester objectivement l’expérience subjective.
Michael Pollan et Christof Koch explorent la conscience et la recherche sur les substances psychédéliques
Michael Pollan, professeur émérite Knight de journalisme scientifique et environnemental à la Graduate School of Journalism de l’UC Berkeley et cofondateur du UC Berkeley Center for the Science of Psychedelics en 2020, a discuté des liens entre conscience et enthéogènes avec le neuroscientifique Christof Koch. L’événement, organisé par Cal Performances avec le soutien de la Steven & Alexandra Cohen Foundation, a été modéré par Shayla Love et diffusé dans le cadre du podcast Berkeley Talks de UC Berkeley News.
L’ouvrage récent de Michael Pollan, intitulé A World Appears (publié en version originale sous-titrée A Journey into Consciousness), prolonge une réflexion entamée avec How to Change Your Mind. Selon la recension publiée par The Atlantic et reprise par Cal Performances, le travail de l’auteur démontre une capacité extraordinaire à capter la direction que prend la culture.
Le défi persistant de la mesure objective de la conscience
Interrogé sur la nature de la conscience, Christof Koch a souligné qu’il n’existe aucun test objectif pour la mesurer. C’est toujours une inférence, a-t-il expliqué, précisant qu’il doit supposer la conscience chez autrui par la ressemblance du comportement, de la parole et de la biologie.
La discussion a également abordé le pari scientifique de longue date que Koch avait engagé avec Michael Pollan et d’autres chercheurs. Christof Koch a reconnu avoir perdu un pari formulé vingt-cinq ans plus tôt, consistant à identifier des corrélats neuronaux précis de la conscience dans ce laps de temps, ce qui l’a conduit à offrir six bouteilles de vin à New York quatre ans auparavant. Les deux hommes ont ensuite renouvelé ce pari pour une période supplémentaire de vingt-cinq ans.
Le rôle du néocortex et la défamiliarisation de l’expérience
Sur le plan anatomique, Christof Koch a rappelé que la couche la plus externe du cerveau, le neocortex, s’avère essentielle à la conscience, bien qu’un désaccord persiste parmi les cliniciens et chercheurs sur l’implication respective de ses zones frontales ou postérieures. Les neurochirurgiens peuvent stimuler la partie postérieure du cerveau pour provoquer des expériences conscientes spécifiques, telles que des souvenirs, des sensations de picotement ou des douleurs, tandis que l’avant du cerveau est qualifié de non-éloquent par les chirurgiens car sa stimulation directe ne produit aucune sensation immédiate.
De son côté, Michael Pollan a décrit comment ses propres recherches et expériences l’ont conduit à examiner les perspectives philosophiques et pragmatistes. S’appuyant sur la pensée de William James concernant l’expérience mystique, il a souligné que la valeur d’une telle intuition peut se juger par son utilité pratique pour les patients et comme hypothèse sur la réalité.
« Alors même en oubliant la métaphysique, même en acceptant, d’accord, c’est quelque chose d’étrange, quelque chose que votre cerveau fait sous l’effet d’un psychédélique, si cela aide les patients… Qu’importe ? », a déclaré Michael Pollan.
La centrale reste sur le fait que ces expériences fournissent des bénéfices tangibles pour les patients, indépendamment des mécanismes neurologiques sous-jacents ou de la nature métaphysique du voyage psychédélique.
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