La marine et les garde-côtes chinois ont fait face à une opération de transfert de blessé menée par les autorités philippines près de l’atoll de Ren’ai, le 8 octobre 2026. Alors que Manille accuse Pékin d’avoir entravé la mission par des tirs de canon à eau, la Chine affirme avoir accordé une dérogation humanitaire immédiate.
Des canons à eau perturbent une évacuation médicale en mer de Chine
L’incident s’est déroulé le 8 octobre selon les informations publiées par les services de presse. Une mission d’évacuation sanitaire a mis aux prises les forces des deux pays dans le secteur de l’atoll disputé.
Du côté de Manille, les autorités ont vivement contesté la réaction des bâtiments chinois. Selon les déclarations officielles formulées par la suite, les forces navales de Pékin ont suivi les embarcations et utilisé des lances à eau à haute pression pour perturber le déroulement de l’opération à proximité des zones contestées.

Des retards de dix heures et une approche restreinte à l’atoll
Le contre-amiral Jay Tarriela, porte-parole des garde-côtes philippins pour la mer de Chine occidentale, a déclaré que la patrouille avait été prise à partie alors qu’elle s’approchait de la position du navire stationné, le navire de transport BRP Sierra Madre. L’intervention des navires chinois, qui ont ouvert le feu avec leurs canons de bord alors que le patrouilleur BRP Cabra se trouvait à environ 9 milles marins au nord de l’atoll d’Ayungin, a contraint les équipes à modifier leur progression et à s’approcher jusqu’à environ 400 verges.
Les retards accumulés lors de cette tentative d’assistance ont atteint près de dix heures selon les estimations communiquées par les responsables locaux à la suite de l’opération en mer. La partie philippine insiste sur le fait que la prise en charge médicale de ses effectifs stationnés dans sa zone économique exclusive relève d’une responsabilité souveraine inaliénable et non d’un privilège accordé par une puissance étrangère.

Pékin rejette les accusations et revendique une dérogation humanitaire
Le porte-parole des garde-côtes chinois, Jiang Lü, a publié un communiqué officiel affirmant que l’administration avait au contraire fait preuve de clémence en autorisant le transfert du blessé du navire 4409 par de plus petites embarcations dès les premiers instants de la demande, tout en agissant conformément à la réglementation.
Le ministère des Affaires étrangères, par l’intermédiaire de sa porte-parole Mao Ning, a emboîté le pas en qualifiant les critiques philippines de calomnieuses et d’infondées, soulignant que la tentative de transfert s’était faite sans l’autorisation préalable du gouvernement chinois. Pour la diplomatie chinoise, les mesures prises sur place étaient strictement conformes aux réglementations nationales et visaient à protéger l’intégrité territoriale du pays dans les eaux environnantes de l’archipel.
La multiplication des incidents fragilise les arrangements humanitaires
Bien qu’un précédent accord ait permis une opération similaire le 21 juillet dernier pour évacuer un autre militaire gravement malade, la multiplication des incidents en mer risque d’éroder la confiance mutuelle selon les observateurs spécialisés.
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