Le documentaire sur Melania Trump, une œuvre propagandiste dénuée de substance
WASHINGTON (AP) – Un nouveau documentaire réalisé par Brett Ratner, centré sur les vingt jours précédant la seconde investiture de Donald Trump, est qualifié d’œuvre propagandiste dénuée de profondeur par les critiques. Le film, qui suit Melania Trump dans ses préparatifs, se concentre sur des détails insignifiants, occultant des événements majeurs de l’époque et offrant une image aseptisée de la Première dame.
Le documentaire, dont le titre n’a pas été officiellement divulgué, se présente comme un portrait intime de Melania Trump. En réalité, il se contente de montrer la Première dame en train de choisir des tissus, d’approuver des plans de décoration et de superviser l’aménagement de la chambre future de son fils Barron, comme le rapportait déjà Vanity Fair. La voix off de Melania, omniprésente, insiste sur sa “vision créative”, mais ne parvient pas à révéler une personnalité complexe ou une pensée profonde.
“Ma vision créative est toujours claire”, répète-t-elle à plusieurs reprises, sans que cela ne soit illustré par une quelconque introspection ou explication.
Le film, qui dure près de deux heures, est critiqué pour son manque de rythme et son esthétique ostentatoire, typique de l’univers Trump. Des plans interminables de Mar-a-Lago, de jets privés et de galas se succèdent, accompagnés de musiques contrastées. L’utilisation de “Gimme Shelter” des Rolling Stones, dont les paroles évoquent la violence, est particulièrement ironique, compte tenu du contexte politique et social de l’époque.
Le réalisateur, Brett Ratner, est lui-même au centre d’une controverse. Avant d’être accusé de harcèlement sexuel – des accusations qu’il nie – il était connu pour la franchise et le dynamisme de ses films d’action, comme la série Rush Hour. Ce contraste rend le manque d’énergie du documentaire d’autant plus frappant. Certains critiques comparent l’expérience à regarder de la peinture sécher.
Le documentaire évite soigneusement de mentionner des événements cruciaux, comme l’attaque du Capitole du 6 janvier 2021, se contentant de montrer des images préparatoires à l’investiture, comme si de rien n’était. Cette omission est perçue comme une tentative de réécriture de l’histoire et de glorification du pouvoir de Donald Trump.
L’absence de contexte sur le passé de Melania Trump est également regrettable. Le film ne se penche pas sur son enfance en Slovénie, sa carrière de mannequin ou les facteurs qui ont pu influencer sa transformation en “consort” de Donald Trump, comme le souligne Vanity Fair.
Les rares moments où Melania semble s’épanouir sont lorsqu’elle chante Michael Jackson ou danse sur “YMCA”, des scènes qui contrastent fortement avec son attitude généralement impassible. Ses visites à la cathédrale Saint-Patrick, où elle allume des bougies en mémoire de sa mère, ne semblent pas susciter de réelle émotion.
Ce documentaire, loin d’être une œuvre artistique ou un portrait révélateur, apparaît comme un outil de propagande, dépourvu de la subtilité et de la puissance visuelle d’un Leni Riefenstahl, mais tout aussi préoccupant dans son intention de manipuler l’image publique. Il soulève des questions sur le rôle des médias dans la construction de l’image politique et la nécessité d’un regard critique face aux productions qui se présentent comme des “documentaires”.
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