La justice péruvienne ordonne 15 mois de détention préventive contre Jackson Mora
Le pouvoir judiciaire péruvien, sous l’autorité du Quinto Juzgado de Investigación Preparatoria de La Molina, a ordonné 15 mois de détention préventive à l’encontre de l’entrepreneur Jackson Mora Rodríguez et de sept autres personnes. Cette mesure intervient dans le cadre d’une enquête sur les délits présumés de fraude informatique et d’association de malfaiteurs, au détriment de la municipalité de Pueblo Nuevo (Chincha) et de l’État péruvien.

Les accusations liées à « Los Arquitectos del Fraude »
L’affaire, connue sous le nom de « Los Arquitectos del Fraude », porte sur le détournement présumé de 9,9 millions de soles. Selon l’hypothèse du ministère public, une organisation criminelle aurait infiltré les systèmes informatiques d’entités publiques, notamment le Système intégré d’administration financière (SIAF) du ministère de l’Économie et des Finances, pour opérer des transferts illicites. La thèse fiscale suggère qu’une réunion tenue le 13 avril avec le maire de Pueblo Nuevo, Abel Sánchez Cahuana, sous le couvert d’une assistance technique, aurait permis d’obtenir des données confidentielles facilitant l’accès aux fonds. L’argent aurait ensuite été transféré vers la société FFC MMA SAC, dont Jackson Mora est l’actionnaire majoritaire, avant d’être ventilé via 41 opérations bancaires vers d’autres entités, telles qu’Inversiones Torrico EIRL et Servicios Mugaburu EIRL, afin de complexifier le traçage des flux financiers.

Les déclarations de Jackson Mora devant la justice
Lors de sa comparution devant le ministère public, Jackson Mora a reconnu avoir « loué » son entreprise, FFC MMA, à la suite d’une proposition formulée par Daniel Jesús Mesones Mazzini. Mora a affirmé : « Il m’a dit qu’il y avait une possibilité que mon entreprise gagne l’appel d’offres (…) et il m’a également indiqué que j’aurais un gain de 10 % de la valeur de la vente totale pour la location de mon entreprise ». L’entrepreneur, qui se présente comme promoteur d’arts martiaux mixtes, a justifié sa participation par une situation financière personnelle et professionnelle difficile. Il a nié toute implication directe dans les manœuvres frauduleuses, précisant que sa sœur, Noelia Mora, agissait uniquement sous ses instructions en tant que gérante de la société. Malgré ses déclarations et sa plaidoirie d’innocence lors de l’audience, où il a clamé ne pas être un délinquant, le juge Valery Raúl Romero Palacios a estimé que la détention préventive était nécessaire pour éviter tout risque d’entrave à l’enquête.
Détails des mesures judiciaires et suites du dossier
Bien que le ministère public ait initialement requis 18 mois de détention préventive, le juge a fixé la durée à 15 mois. Outre Jackson Mora, cette mesure concerne : * César Antonio Nepo Zolla * Daniel Jesús Mesones Mazzini * Giovanni Jeremi Torrico Mugaburu * Fabia Carolina Reyes Salas * Roy Luis Chauca Tantalean * Fiorella Milagros Gallo Roncalla * Máximo Salomón Ojeda Cisneros Un neuvième suspect fera l’objet d’une procédure sous condition de comparution avec restrictions. La justice a ordonné à l’INPE (Institut national pénitentiaire) de déterminer les établissements où les accusés seront incarcérés. L’avocat de Jackson Mora a d’ores et déjà annoncé son intention de faire appel de cette décision.

Contexte de l’enquête et perquisitions
L’enquête, dirigée par la Segunda Fiscalía Provincial Penal Corporativa de La Molina y Cieneguilla, s’appuie sur des éléments recueillis lors de perquisitions menées dans 11 propriétés situées à Lima et Callao. Ces opérations ont permis la saisie de documents et d’équipements électroniques destinés à être expertisés. Les autorités identifient Daniel Mesones Mazzini, alias « Jeshu », et César Antonio Nepo Zolla comme les présumés meneurs de cette organisation criminelle. Les investigations se poursuivent pour établir précisément le rôle de chaque partie prenante dans ce détournement de ressources publiques.
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