Home SantéDernière Américaine en poumon d’acier décède à 78 ans

Dernière Américaine en poumon d’acier décède à 78 ans

by Camille Laurent - Santé
Décès de Martha Lillard : la dernière Américaine vivant dans un poumon d'acier s'est éteinte à 78 ans

Décès de Martha Lillard : la dernière Américaine vivant dans un poumon d’acier s’est éteinte à 78 ans

Martha Lillard, devenue une figure emblématique de la résilience médicale aux États-Unis, est décédée à l’âge de 78 ans. Résidente de l’Oklahoma, elle était la dernière personne connue dans le pays à dépendre quotidiennement d’un poumon d’acier, un imposant dispositif mécanique qui l’a maintenue en vie pendant 73 ans après avoir contracté la polio à l’âge de cinq ans.

Décès de Martha Lillard : la dernière Américaine vivant dans un poumon d'acier s'est éteinte à 78 ans
Photo: Kairali News Online

Une vie marquée par l’innovation médicale de 1953

Le diagnostic de poliomyélite de Martha Lillard remonte à 1953, alors qu’elle célébrait son cinquième anniversaire. En seulement quatre jours, la maladie avait gravement altéré ses capacités respiratoires, la plongeant dans un état comateux et nécessitant son placement immédiat dans un poumon d’acier. À l’époque, les médecins étaient pessimistes quant à son espérance de vie, prédisant qu’elle ne dépasserait pas l’âge de 20 ans. Martha Lillard a démenti ces pronostics pendant plus de sept décennies grâce à sa détermination et à une adaptation constante à son environnement médical.

Une vie marquée par l'innovation médicale de 1953
Photo: Mathrubhumi

Le poumon d’acier, ou ventilateur à pression négative, a été développé en 1927 par Philip Drinker et Louis Shaw de la Harvard School of Public Health. Cet appareil, crucial lors des épidémies de polio des années 1940 et 1950, consiste en un grand cylindre métallique hermétique dans lequel le corps du patient est enfermé, à l’exception de la tête. En modifiant alternativement la pression atmosphérique à l’intérieur de la chambre, la machine force la cage thoracique du patient à se dilater et à se contracter, permettant ainsi une respiration naturelle.

Défis quotidiens et adaptation sociale

Malgré les contraintes physiques imposées par son équipement, Martha Lillard a cherché à maintenir une vie aussi normale que possible. Durant sa scolarité, elle ne pouvait assister aux cours que deux heures par jour, bénéficiant d’une autorisation spéciale pour participer aux leçons par téléphone avec le soutien de ses enseignants et camarades. Sa famille a également fait preuve d’un dévouement exceptionnel pour l’accompagner dans ses déplacements, utilisant des remorques pour transporter le poumon d’acier et sélectionnant rigoureusement des hôtels dotés de portes suffisamment larges pour laisser passer l’imposant dispositif.

Une habitante de l'Oklahoma, dernière Américaine vivant dans un poumon d'acier, est décédée à 78 ans

Au fil des ans, Martha Lillard a réussi, grâce à des thérapies prolongées, à retrouver une certaine mobilité dans son bras et sa jambe gauches, vivant une grande partie de son existence sans assistance constante d’autrui. Cependant, ces dernières années ont été marquées par une fragilité accrue : avant de contracter le COVID-19, sa capacité pulmonaire n’était plus que de 25 %. Au cours des cinq dernières années, en raison de complications respiratoires persistantes, elle ne quittait plus son domicile.

Contexte historique et enjeux de santé publique

Le parcours de Martha Lillard s’inscrit dans une période charnière de l’histoire médicale américaine :

Contexte historique et enjeux de santé publique
Photo: Asianetnews
  • Vaccination : Le vaccin contre la polio n’a été rendu disponible aux États-Unis qu’en 1955, deux ans après que Martha ait contracté la maladie.
  • Éradication : Les efforts de santé publique ont porté leurs fruits, les États-Unis déclarant officiellement l’élimination de la poliomyélite en 1979.
  • Évolution technologique : Bien que de nouveaux ventilateurs aient été développés au fil des décennies, Martha Lillard avait précisé lors d’entretiens que les alternatives modernes ne convenaient pas à son état spécifique, faisant du poumon d’acier le seul moyen viable pour sa survie.

Les circonstances du décès

Selon sa sœur, Cindy McWay, Martha Lillard est décédée le 26 juin. Sa santé s’était durablement dégradée après avoir contracté le COVID-19, et son décès est attribué à des complications liées à cette infection. Son départ marque la fin d’une ère, celle des patients ayant vécu la grande épidémie de polio du XXe siècle sous assistance respiratoire mécanique lourde.

Find more reporting in our Santé section.

À lire aussi

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.