Les marchés financiers respirent après une semaine de turbulences, l’incertitude géopolitique persiste
Paris – Après trois jours de volatilité, les marchés financiers semblent marquer une pause, les actifs à risque se redressant légèrement et les prix du pétrole se stabilisant sous leurs plus hauts récents. Cependant, les craintes inflationnistes demeurent vives, exacerbées par la situation géopolitique actuelle.
Si les rendements obligataires américains continuent de progresser, portés par des données économiques positives, ceux de la zone euro ont reculé, les anticipations d’une hausse des taux d’intérêt par la Banque Centrale Européenne (BCE) s’amenuisant. Les marchés estiment désormais la probabilité d’une hausse de taux de la BCE à 20-25% d’ici la fin de l’année, contre 50% il y a quelques jours.
Cette évolution ne signifie pas pour autant un revirement vers une politique monétaire plus accommodante. La BCE reste attentive à l’évolution de l’inflation, et l’expérience récente de 2022, marquée par une forte hausse des prix de l’énergie, est encore fraîche dans les mémoires des décideurs. Tout signe d’une propagation des chocs de prix à d’autres secteurs de l’économie pourrait inciter la BCE à réagir rapidement.
La Banque d’Angleterre adopte une approche plus prudente, plus sensible à l’impact inflationniste des tensions au Moyen-Orient. Les anticipations d’une baisse de taux en mai ont été revues à la baisse, passant de 80% à 20%, et la possibilité d’une deuxième baisse de taux cette année est désormais jugée improbable.
L’économie américaine, moins dépendante de l’énergie importée, affiche une plus grande résilience. Toutefois, la persistance d’une inflation relativement élevée et les effets potentiels des tarifs douaniers maintiennent la Réserve Fédérale américaine dans une posture de prudence. Les récentes publications économiques confirment la solidité de l’économie américaine.
Données économiques à surveiller
Les investisseurs resteront attentifs aux développements géopolitiques au Moyen-Orient. Sur le front économique, les chiffres de la consommation en zone euro pour janvier seront publiés aujourd’hui, avec un consensus prévoyant une augmentation de 1,3% à 1,7% en glissement annuel. Aux États-Unis, les chiffres de l’emploi seront scrutés pour détecter d’éventuels signes de refroidissement du marché du travail. Le chiffre de l’emploi non agricole, prévu pour vendredi, sera particulièrement important.
Offre d’obligations souveraines
Plusieurs pays européens lanceront des émissions d’obligations souveraines cette semaine. L’Italie poursuivra son offre de Valore à 6 ans, estimée à 15-18 milliards d’euros. L’Espagne vendra des obligations à 3, 5 et 10 ans pour un total de 6,25 milliards d’euros, tandis que la France lancera des obligations à 10, 17 et 20 ans pour un montant de 13,5 milliards d’euros. Le Royaume-Uni vendra également des obligations à 20 ans pour 3,5 milliards d’euros.
La situation actuelle souligne la complexité de l’environnement économique mondial et la nécessité pour les banques centrales de naviguer avec prudence entre la lutte contre l’inflation et le soutien à la croissance économique.
