Des centaines de migrants rohingyas portés disparus après un naufrage au large de la Malaisie
Un drame humanitaire se déroule près de la frontière maritime entre la Malaisie et la Thaïlande, où des centaines de personnes sont portées disparues suite au naufrage d’un bateau de migrants. L’embarcation, qui transportait environ 90 personnes, n’était qu’une des trois parties d’un convoi transportant au total près de 300 migrants, principalement des Rohingyas fuyant les persécutions au Myanmar.
Que s’est-il passé en mer ?
Selon Adzli Abu Shah, chef de la police de l’État de Kedah, le bateau aurait chaviré il y a trois jours près de l’île de Tarutao, au nord de la célèbre destination touristique malaisienne de Langkawi. Une vaste opération de recherche et de sauvetage est en cours, mais l’espoir de retrouver des survivants s’amenuise d’heure en heure.
“À ce jour, nous avons retrouvé 11 personnes, dont un corps”, a déclaré Romli Mustafa, directeur maritime de l’État. Parmi les rescapés figurent des hommes du Myanmar, des Rohingyas et un ressortissant bangladais. La victime décédée est une femme rohingya.
Les autorités craignent un bilan bien plus lourd, car les deux autres bateaux, transportant chacun une centaine de personnes, restent introuvables. Selon les premiers éléments de l’enquête, les 300 migrants auraient quitté Buthidaung, au Myanmar, à bord d’un navire plus grand. À l’approche des côtes malaisiennes, pour échapper à la surveillance, ils auraient été transférés sur trois embarcations plus petites et moins sûres, une tactique courante utilisée par les réseaux de passeurs.
Une politique de refoulement et des risques accrus
Cet incident tragique met en lumière la politique de plus en plus stricte de la Malaisie face à l’afflux de réfugiés. En janvier 2025, les garde-côtes malaisiens ont intercepté et repoussé deux bateaux transportant près de 300 migrants du Myanmar, considérés comme étant des réfugiés rohingyas reuters.com. L’agence maritime a confirmé avoir fourni de la nourriture et de l’eau aux migrants épuisés avant de les escorter hors de ses eaux territoriales jurist.org.
Cette politique de refoulement, rapportée par plusieurs agences de presse apnews.com, force les migrants à entreprendre des voyages encore plus longs et périlleux, augmentant le risque de naufrages. La même période a vu les autorités malaisiennes détenir 196 migrants rohingyas après qu’un autre bateau a chaviré dawn.com.
Les organisations internationales, comme le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), alertent régulièrement sur le sort de ces bateaux en détresse.
We are deeply saddened that a boat carrying Rohingya refugees has capsized off the coast of Aceh, Indonesia.
Some 75 people were rescued and brought to shore by local authorities and fisherman. Many are feared to be missing and the search and rescue operation is continuing.— UNHCR, the UN Refugee Agency (@Refugees) March 21, 2024
Le calvaire sans fin des Rohingyas
Considérés comme l’une des minorités les plus persécutées au monde, des millions de Rohingyas ont fui le Myanmar, où ils sont victimes d’une campagne qualifiée de génocide par les États-Unis. La majorité trouve refuge dans des camps surpeuplés au Bangladesh, où les conditions de vie sont extrêmement précaires.
Poussés par le désespoir, beaucoup tentent la traversée maritime périlleuse vers des pays à majorité musulmane comme la Malaisie et l’Indonésie, dans l’espoir d’une vie meilleure. Ils deviennent alors les proies de réseaux de trafic humain qui exploitent leur vulnérabilité, les entassant sur des embarcations inadaptées pour un voyage qui, trop souvent, se termine en tragédie. Ce dernier naufrage est un nouveau rappel de l’urgence d’une réponse humanitaire coordonnée pour protéger ces vies en péril.
