Le Parlement lituanien a adopté une réforme imposant aux futurs médecins bénéficiant de bourses d’État de travailler cinq ans dans les régions du pays. Cette mesure, destinée à lutter contre la pénurie de spécialistes, provoque une vive contestation des étudiants qui craignent une fuite des cerveurs et des violations constitutionnelles.
Une obligation de service en échange de la gratuité des études

Une réponse face à l’urgence démographique médicale
Cette réforme s’inscrit dans un contexte de déclin démographique des professionnels de santé. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoit que la Lituanie pourrait manquer de près de 600 médecins dans les années à venir. Les données de la santé indiquent que les pénuries sont déjà critiques dans certaines zones, notamment dans les régions de Šiauliai et d’Utena. Les projections pour l’année 2032 soulignent l’ampleur du défi à venir pour le système de santé national :- 269 médecins généralistes manquants
- 207 spécialistes en médecine interne
- 146 pédiatres
- 134 médecins urgentistes
Le risque d’une fuite des cerveaux vers l’étranger
Malgré l’intention gouvernementale, les représentants des professionnels tirent la sonnette d’alarme. L’Association des jeunes médecins (JGA) soutient que la mesure est populiste et qu’elle ne traite pas la cause profonde du problème : les conditions de travail et l’attractivité des régions. Comme le rapporte tv3.lt, les étudiants craignent que cette contrainte ne les pousse directement vers l’émigration plutôt que vers les hôpitaux provinciaux.“Nous voyons un danger, car la loi a été adoptée très rapidement. Même l’analyse d’impact n’a pas été effectuée.”

Un débat parlementaire sur la liberté individuelle
Au sein du Parlement, les opinions restent profondément divisées sur la question de la liberté de choix. Certains élus considèrent l’obligation comme une nécessité pour protéger les contribuables lituaniens.“Si nous pensons que la liberté d’un être humain est de recevoir une éducation en Lituanie… et de partir ensuite travailler pour un autre pays, alors je suis contre cette liberté.”

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