Des chercheurs du ISTA à Klosterneuburg ont identifié un nouveau mécanisme expliquant la propagation des cancers. Selon une étude publiée en 2026, un environnement cellulaire chaotique modifie la frontière des tissus et pousse les cellules tumorales à se détacher pour former des métastases dans des organes comme le foie ou les poumons.
La propagation des tumeurs malignes envahissantes dépend traditionnellement de facteurs génétiques, selon les données de l’Institute of Science and Technology Austria (ISTA). Rien qu’en Autriche, plus de 21.300 personnes sont décédées de telles tumeurs en 2024. Jusqu’à présent, la science pensait que la séparation des cellules individuelles du collectif tumoral était principalement dictée par la génétique.
Une collaboration internationale entre biologistes et physiciens
Une équipe de biologistes et de physiciens de l’ISTA à Klosterneuburg, située dans le district de Tulln, a toutefois inversé cette perspective. En collaboration avec des chercheurs du Francis Crick Institute en Grande-Bretagne, ils ont examiné comment les cellules cancéreuses se comportent lorsqu’elles évoluent au sein d’un groupe, en combinant des environnements tumoraux artificiels de complexité variable et des simulations informatiques.
L’impact direct d’un milieu tumoral hétérogène
Des indices laissaient déjà entendre qu’un milieu tumoral diversifié et désordonné pouvait aggraver la malignité des cancers. Pour en avoir le cœur net, l’équipe a confronté des tumeurs cultivées en laboratoire à des quantités variables d’obstacles. Les résultats démontrent sans équivoque que plus l’environnement se révèle hétérogène, plus les cellules individuelles s’en détachent, une observation confirmée par les modèles informatiques.
Cette dynamique transforme en profondeur l’architecture globale des tissus affectés. Selon les explications fournies par l’organisme de recherche, les migrations répétées à travers un tel environnement chaotique laissent des traces durables sur la structure cellulaire.
L’ensemble de la frontière du groupement cellulaire se modifie : elle devient beaucoup plus rugueuse et forme nettement plus de prolongements en forme de doigts. Edouard Hannezo, chercheur à l’ISTA
De la dissémination cellulaire aux métastases vitales
Cette empreinte laissée par les déplacements antérieurs à travers les obstacles modifie la probabilité que les amas de cellules cancéreuses se fracturent. C’est précisément cette histoire environnementale qui favorise la dissémination de cellules isolées vers de nouvelles régions de l’organisme, conduisant à l’établissement de métastases dans des organes vitaux tels que la l’organe hépatique ou les poumons.
Les travaux menés conjointement en Autriche et au Royaume-Uni redéfinissent ainsi la compréhension des mécanismes de métastase. En démontrant que la structure physique et l’agencement du milieu environnant dictent activement le comportement migratoire des cellules, l’étude ouvre de nouvelles pistes pour appréhender l’évolution des tumeurs au-delà du seul prisme génétique.
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