L’ExoMars Trace Gas Orbiter détecte du chlorure d’hydrogène près d’Alba Mons

Des relevés atmosphériques effectués par l’orbiteuse ExoMars Trace Gas Orbiter révèlent des concentrations inhabituelles de chlorure d’hydrogène près d’Alba Mons, l’un des plus grands volcans de Mars. Publiés le 4 novembre 2026 dans la revue Science Advances, ces indices suggèrent que le manteau martien pourrait abriter une activité ignée souterraine et des systèmes hydrothermaux potentiellement favorables à la vie microbienne.

Le volcanisme martien trahi par des émanations

La planète rouge est généralement considérée comme géologiquement éteinte. Pourtant, l’instrument Atmospheric Chemistry Suite à bord de l’orbiteuse de l’Agence spatiale européenne détecte des taux de chlorure d’hydrogène de l’ordre de quelques parties par milliard au-dessus de fissures localisées.

Ces gaz s’échappent de chambres magmatiques situées en profondeur. Ils traversent des ouvertures identifiées sur les flancs d’Alba Mons, dans la région volcanique de Tharsis.

Nicolas Thomas, chercheur à l’Université de Berne, analyse ce cycle du chlore. Avec ses collaborateurs, il explique qu’il a été amorcé par le dégazage volcanique lors de l’accrétion planétaire.

L'ExoMars Trace Gas Orbiter détecte du chlorure d'hydrogène près d'Alba Mons
Photo : Around Prague

L’absence de tectonique des plaques distingue Mars de la Terre. Cette particularité fait des sources volcaniques l’apport principal au système surface-atmosphère de la planète.

Quatre ans de mesures confirment le signal

L’Agence spatiale européenne a détecté de minuscules traces de chlorure d’hydrogène en 2021. Les scientifiques ont d’abord noté que le gaz semblait suivre les cycles saisonniers et l’activité des tempêtes de poussière.

Des observations suivies sur deux années martiennes — soit environ quatre années terrestres — ont toutefois mis en évidence un signal prononcé pendant la saison froide de l’aphélie. Aucune émanation n’était attendue à ce moment.

L’équipe de recherche a repéré des structures de fissures étroites de quelques dizaines de centimètres de large. Kevin Olson de l’Université d’Oxford note qu’elles s’étendent sur des dizaines de kilomètres le long de crêtes topographiques.

À l’aide de la caméra CaSSIS de l’orbiteuse de l’Agence spatiale européenne, les scientifiques ont estimé le taux de suintement à moins de 3 kilogrammes par seconde. Ce débit est comparable au niveau le plus bas des volcans terrestres.

L'ExoMars Trace Gas Orbiter détecte du chlorure d'hydrogène près d'Alba Mons
Photo : SCI

La preuve irréfutable des systèmes magmatiques

L’orbiteur Trace Gas Orbiter a été en mesure de trouver la preuve irréfutable

Daniel Mège, chercheur au Centre de recherche spatiale de l’Académie polonaise des sciences

Daniel Mège ajoute que le repérage de fissures fraîches et étroites d’une centaine de mètres de long renforce l’hypothèse de systèmes magmatiques et hydrothermaux actifs en profondeur.

Le potentiel astrobiologique des fissures

Ces environnements pourraient offrir des conditions propices au développement de micro-organismes si la présence de systèmes hydrothermaux chauffés par du magma est confirmée. Ces zones abritent les sources où la vie a vraisemblablement émergé sur Terre.

Si des systèmes hydrothermaux sont actifs, ils pourraient contenir les ingrédients et l’énergie nécessaires au développement de micro-organismes, et protéger ces derniers de l’environnement hostile et changeant à la surface

Daniel Mège, chercheur au Centre de recherche spatiale de l’Académie polonaise des sciences

Daniel Mège, chercheur associé à l’étude, souligne l’existence potentielle de systèmes hydrothermaux sous la surface de Mars. Les chercheurs ne connaissent pas encore la nature exacte de ces suintements souterrains et les futures missions d’exploration doivent examiner ces fissures pour répondre à cette interrogation.

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