Le 4 novembre 2024, le chef du Service de renseignement extérieur de l’Ukraine, Roustem Oumierov, a annoncé la tenue de deux réunions majeures à Bruxelles. Ces consultations ont rassemblé des représentants de la Commission européenne, des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, de l’OTAN, de la Banque mondiale et de la société d’investissement BlackRock pour discuter de la reconstruction, des besoins financiers pour 2027 et de la future architecture de sécurité européenne.
Le « Prosperity Plan » : reconstruire et investir
La première réunion a été consacrée au « Prosperity Plan » (plan de prospérité) pour l’Ukraine. Ce document stratégique est conçu pour définir les modalités de la reconstruction après la guerre, les mécanismes d’attraction des investissements et les opportunités de développement à long terme pour l’économie nationale. Le plan repose, selon les informations disponibles, sur cinq piliers : la productivité, l’intégration au marché de l’UE, les investissements, les donateurs et les réformes.
Les délégations ont travaillé activement sur ce dossier, mobilisant côté ukrainien les équipes du ministère de l’Économie, du ministère des Finances, du ministère de la Défense et de l’Office du Président. Bien que le contenu détaillé du document reste confidentiel, Roustem Oumierov a confirmé que les parties ont déjà établi un calendrier précis et des échéances pour les prochaines étapes de sa mise en œuvre.

Il s’agit de l’un des documents clés sur lequel nous travaillons actuellement avec nos partenaires. Il doit définir la manière dont nous reconstruirons l’Ukraine après la guerre, attirerons les investissements et créerons des opportunités pour le développement de notre économie
Roustem Oumierov, chef du Service de renseignement extérieur de l’Ukraine
« Mathématiques de la guerre » et soutien financier
La seconde session de travail s’est focalisée sur la viabilité financière de l’Ukraine pour l’année 2027. Les équipes ukrainiennes ont présenté aux partenaires internationaux une évaluation détaillée des dépenses de défense, un exercice décrit par le chef du renseignement comme la « mathématique de la guerre ».
Lors de cette présentation, les autorités ont exposé le volume total des ressources requises, le montant du déficit financier à combler et les sources potentielles permettant d’équilibrer ces besoins. Parallèlement à ces aspects budgétaires, les participants ont procédé à une analyse approfondie des menaces émanant de la Russie, lesquelles constituent, selon Kiev, un risque direct non seulement pour l’Ukraine mais pour tout le continent européen. Les parties ont ainsi coordonné des mesures conjointes pour contrer ces pressions hostiles.

Une nouvelle architecture de sécurité européenne
Les discussions devaient se poursuivre le 5 novembre, avec pour objectif central l’élaboration de garanties de sécurité. Roustem Oumierov a souligné que ces garanties ne doivent pas être perçues de manière isolée, mais comme une partie intégrante d’une nouvelle architecture de sécurité pour l’Europe d’après-guerre.
Il n’est pas seulement question de la sécurité de notre État, mais aussi de la nouvelle architecture de sécurité de toute l’Europe après la guerre. L’Ukraine en est une partie intégrante. Car sans la sécurité à long terme de l’Ukraine, la sécurité à long terme de l’Europe est impossible
Roustem Oumierov, chef du Service de renseignement extérieur de l’Ukraine
Le gouvernement ukrainien insiste sur le fait que le travail sur les garanties de sécurité, le redressement économique et la reconstruction après les hostilités doit être mené simultanément. Ces différents volets sont considérés comme les composantes indissociables d’une stratégie unique pour l’avenir de l’État ukrainien.
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