Home InternationalL’État : une conception qui fonctionne

L’État : une conception qui fonctionne

Afrique du Sud : L’État n’est pas en panne, il est optimisé pour le maintien du pouvoir

Johannesburg – Une analyze percutante du professeur Joseph Sekhampu, directeur de la North-West university Business School, révèle une vérité dérangeante sur la situation politique en Afrique du Sud : l’État n’est pas victime d’un dysfonctionnement accidentel, mais fonctionne exactement comme conçu pour préserver les intérêts d’une élite restreinte.

Loin d’être un échec de modernisation,le système sud-africain est,selon Sekhampu,le fruit d’un choix délibéré. Un choix de personnaliser l’État pour concentrer le pouvoir et les privilèges entre les mains d’un cercle restreint. les tentatives de réforme, jusqu’à présent, se sont heurtées à cette logique intrinsèque, car elles ignorent les structures incitatives du patronage qui la sous-tendent.

“les agences anti-corruption, les correctifs technocratiques et même la politique de coalition ne fonctionneront pas à moins que le règlement politique lui-même ne soit repensé,” avertit le professeur Sekhampu. Il plaide pour la construction d’un nouveau pacte social où la légitimité politique serait basée sur la création de valeur publique, et non sur la redistribution de faveurs.

cette situation n’est pas unique à l’Afrique du Sud, des modèles similaires existant à travers le continent. cependant, le cas sud-africain se distingue par une sophistication institutionnelle qui masque la réalité du patronage. La justice, le Trésor et la société civile conservent une force formelle, mais leur efficacité est constamment compromise par la logique informelle du clientélisme. La Commission Madlanga,enquête sur la corruption à grande échelle,n’est que le dernier témoignage de cette vérité.

Un système qui récompense la décroissance

Sekhampu souligne un point crucial : l’État sud-africain a réussi,mais pas dans le sens attendu. Il a réussi à isoler les élites, à échanger la dignité contre la dépendance et à transformer le dysfonctionnement en profit. Loin d’être brisé, l’État est “perfectionné pour protéger ceux qui prospèrent dans sa décroissance.”

La question centrale, selon l’analyste, n’est donc pas de savoir si une réforme est nécessaire, mais si la société sud-africaine possède encore le courage moral de reprendre l’État à ceux qui ont perfectionné son déclin.

Contexte et perspectives d’avenir :

Ce constat s’inscrit dans un contexte historique de transition démocratique complexe en Afrique du Sud, marquée par les héritages de l’apartheid et les défis de la reconstruction post-apartheid. Le patronage,bien que présent sous l’ancien régime,a pris de nouvelles formes après 1994,s’ancrant dans les structures politiques et économiques du pays.

La lutte contre la corruption et la promotion d’une gouvernance transparente restent des enjeux majeurs pour l’avenir de l’Afrique du Sud.La capacité à repenser le pacte social et à construire un État au service de l’intérêt général sera déterminante pour assurer un développement durable et inclusif. L’analyse du professeur Sekhampu offre un éclairage précieux sur les obstacles à surmonter et les défis à relever pour atteindre cet objectif.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.