Home ÉconomieL’essor des crabiculteurs : quand l’aquaculture marginalise les agriculteurs traditionnels

L’essor des crabiculteurs : quand l’aquaculture marginalise les agriculteurs traditionnels

Équateur : Accaparement de terres et menaces de gangs liés à la drogue frappent les petits agriculteurs

Durán, Équateur – Une affaire de corruption impliquant des fonctionnaires locaux et des liens présumés avec des cartels de la drogue a conduit à l’expulsion de petits agriculteurs de leurs terres dans la région de Las Mercedes, près de Durán. L’affaire, révélée par des enquêtes récentes, met en lumière une tendance inquiétante en Équateur : l’utilisation de gangs criminels pour faciliter l’accaparement de terres au profit d’intérêts économiques puissants.

L’affaire “Asomariba” a mis en évidence des irrégularités dans les décisions prises au sein du bureau cadastral de Durán et de l’autorité régionale du ministère de l’Agriculture. Pablo Muentes, figure centrale de l’affaire, a été arrêté en mars 2024 et condamné à 13 ans de prison pour corruption et influence illégale dans le système judiciaire. Cependant,l’enquête n’a pas permis de déterminer l’origine des fonds utilisés par muentes.

Selon le procureur, muentes entretenait des liens étroits avec le gang de cocaïne le plus influent de Durán. Des hommes armés, soupçonnés d’être affiliés à ce gang, auraient menacé et intimidé les agriculteurs de Las Mercedes pour les forcer à quitter leurs terres.Ce mode opérandi rappelle les tactiques employées par les groupes paramilitaires en Colombie, où ils sont utilisés pour faire respecter les intérêts des élites économiques, notamment en facilitant le vol de terres, en réprimant les syndicats agricoles et en promouvant l’exploitation minière illégale.

Malgré les protestations et les demandes de compensation des agriculteurs déplacés, notamment par l’organisation “Nueva Revolución” et avec le soutien d’organisations nationales et internationales comme Fian, le ministère de l’Agriculture n’a pas répondu aux sollicitations.Les agriculteurs n’ont reçu ni compensation financière, ni restitution de leurs terres. Une décision de la Cour constitutionnelle en décembre 2024 a finalement exclu le retour des terres aux frères d’Isaías, un des acteurs impliqués dans l’affaire.

Aujourd’hui, les quelques familles agricoles restantes à las Mercedes cultivent du riz, du yuka, des bananes de cuisson, des fruits et légumes pour leur propre consommation et pour la vente locale. Malgré les challengingés, elles s’accrochent à leur terre, qu’elles considèrent comme un véritable paradis.

Contexte et enjeux de l’accaparement de terres en Équateur :

L’accaparement de terres est un problème croissant en Équateur, exacerbé par la faiblesse des institutions, la corruption et l’influence des intérêts économiques puissants. Les petits agriculteurs,souvent sans ressources juridiques,sont particulièrement vulnérables à ces pratiques. L’implication de gangs de la drogue dans ces affaires ajoute une dimension de violence et d’intimidation qui rend la situation encore plus précaire.

Ce phénomène a des conséquences désastreuses pour la sécurité alimentaire, la biodiversité et les droits des communautés locales.Il contribue également à l’instabilité sociale et politique du pays. La lutte contre l’accaparement de terres et la protection des droits des agriculteurs sont donc des enjeux cruciaux pour l’avenir de l’Équateur.

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