Afghanistan : Coupure de réseaux sociaux, l’ONU dénonce une violation des droits
Kaboul, Afghanistan – Les autorités talibanes ont intensifié leur contrôle sur l’accès à Internet et aux réseaux sociaux en afghanistan, entraînant des coupures et des restrictions sur des plateformes populaires comme Instagram, Facebook et Snapchat, selon un rapport récent de Netblocks. L’ONU s’est élevée contre ces mesures, les qualifiant de violation des droits fondamentaux des Afghans.
Les restrictions, signalées depuis le 7 octobre, s’ajoutent à une série de limitations imposées par le régime taliban sur les libertés individuelles et l’accès à l’information. L’équipe d’experts de l’ONU avertit que ces actions pourraient s’inscrire dans une stratégie plus large visant à contrôler le discours public et à réguler la société afghane.
“Ces nouvelles restrictions, bien que plus filtrées que générales à ce stade, peuvent être comprises comme faisant partie d’une stratégie plus large et délibérée visant à contrôler le discours public et à réguler la conduite sociétale”, ont déclaré les experts.
L’impact de ces coupures est particulièrement préoccupant pour les Afghans, qui se retrouvent de plus en plus isolés du reste du monde. L’accès restreint aux réseaux sociaux entrave la communication avec les familles à l’étranger, notamment pour la réception de fonds essentiels à la survie de nombreuses familles.
L’ONU appelle les autorités talibanes à rétablir l’accès complet à Internet et aux réseaux sociaux, et à s’abstenir de toute nouvelle restriction qui violerait les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels.
Contexte : L’évolution du contrôle d’Internet en Afghanistan
Depuis leur prise de pouvoir en août 2021, les talibans ont progressivement renforcé leur contrôle sur les médias et l’accès à l’information. Des restrictions ont été imposées aux médias traditionnels, et l’accès à Internet a été limité, notamment par des coupures fréquentes et des blocages de plateformes spécifiques.
Ces mesures s’inscrivent dans une politique plus large visant à imposer une interprétation stricte de la loi islamique et à limiter l’influence de l’extérieur sur la société afghane. L’accès à l’information et la liberté d’expression sont considérés comme des menaces potentielles pour la stabilité du régime.
Le gouvernement taliban n’a pas encore commenté ces dernières restrictions. La situation reste préoccupante pour les défenseurs des droits de l’homme et les organisations internationales, qui craignent une détérioration supplémentaire des libertés fondamentales en Afghanistan.
