Quatre orangs-outans sur six observés par des chercheurs de l’Indiana University se tournent en priorité vers la nourriture associée à des bruits de rire de congénères, selon une étude publiée dans la revue Biology Letters.
L’Indiana University observe six orangs-outans face à des bols sonorisés
Les grands singes ne choisissent pas leur nourriture au hasard. L’équipe de l’Indiana University a suivi six orangs-outans dans deux institutions zoologiques.
Les animaux ont appris à fouiller dans des bols cachés sous de la sciure ou de la mousse.
Les chercheurs ont diffusé des bruits de vent ou des sons de congénères en train de jouer et de rire. Au cinquième jour, chaque bol proposait une friandise sous ces textures sonorisées.
Quatre des six animaux se sont tournés en priorité vers le bol associé au rire.

Erica Cartmill commente les réactions des animaux
Erica Cartmill, professeure d’anthropologie et de sciences cognitives à l’Indiana University et auteure principale de l’étude, observe si les animaux ressentent de la joie.
Erica Cartmill a expliqué : « L’une de nos grandes motivations… est de s’appuyer sur la recherche menée sur l’humain qui montre que l’émotion a des effets importants sur la pensée rationnelle – et qu’il ne s’agit pas de deux choses distinctes ; elles s’influencent réellement mutuellement. »
Dr Adriano Lameira, primatologue et psychologue évolutionniste à l’University of Warwick qui n’a pas participé aux travaux, qualifie les conclusions de fascinantes.
Dr Adriano Lameira a souligné : « En clair, en entendant clairement d’autres individus passer un bon moment, les orangs-outans ont passé commande : Je vais prendre la même chose qu'eux, s'il vous plaît !
»
Des liens observés entre éthologie et psychologie cognitive
Selon Erica Cartmill, ce mécanisme montre le rôle de l’état d’esprit lors de l’acquisition de nouvelles connaissances. Ce processus s’observe chez les primates ou dans une salle de classe humaine.
Selon Erica Cartmill, ce mécanisme met en lumière le rôle de l’état d’esprit lors de l’acquisition de nouvelles connaissances.
Les apprenants en bonne humeur accordent davantage de valeur aux informations reçues.
Erica Cartmill a ajouté : « Si un élève est anxieux lorsqu’il apprend les mathématiques par exemple, cela pourrait avoir un impact sur son choix de privilégier ou non les mathématiques par rapport à d’autres matières lorsqu’il décidera de son orientation future. »
Ces travaux relient l’éthologie et la psychologie cognitive. Ces recherches démontrent que la propension à valoriser une information dépend de la charge émotionnelle ressentie pendant l’apprentissage.
Ces travaux jettent un pont inédit entre l’éthologie et la psychologie cognitive.
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