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Législatives à Hong Kong : la lutte pour la survie des partis centristes

Hong Kong : la voie étroite des modérés dans une arène politique redéfinie

À Hong Kong, le paysage politique, autrefois vibrant et polarisé, se transforme en un terrain où seules les voix jugées « patriotes » par Pékin peuvent espérer se faire entendre. Une vaste réforme électorale imposée en 202_1 a redessiné les règles du jeu, laissant les partis centristes et modérés lutter pour leur survie dans un espace de plus en plus restreint.

Alors que les élections législatives du 7 décembre approchent, l’absence de candidats issus de ces formations modérées illustre les défis immenses auxquels elles font face pour simplement participer au processus démocratique.

La barrière infranchissable des nominations

La clé de cette nouvelle ère politique réside dans un système de nomination draconien. Pour se présenter aux élections du Conseil législatif (LegCo), chaque candidat doit obtenir le soutien d’un puissant Comité électoral, un organe composé d’élites largement favorables à Pékin. Cette exigence a eu pour effet de décimer la représentation de l’opposition.

Quatre ans auparavant, Tik Chi-yuen, figure de proue du parti centriste Third Side, arpentait la ville pour rallier les suffrages en vue de son élection au LegCo en 2021. Aujourd’hui, l’ambiance est radicalement différente. Âgé de 68 ans, ce vétéran de la politique, l’un des rares non-alignés à avoir remporté un siège, ne se représente pas. Son parti, Third Side, n’a réussi à présenter aucun candidat, faute d’avoir recueilli les nominations nécessaires.

« [Les personnes que nous avons sollicitées] ont dit qu’elles avaient déjà proposé d’autres noms, ou qu’elles ne connaissaient pas vraiment nos membres, alors elles ont refusé de nous soutenir », a confié Tik Chi-yuen à HKFP ce lundi.

Ce n’est pas un cas isolé. Lors des élections au Conseil de district de 2023, Third Side avait déjà été contraint de rester sur la touche pour les mêmes raisons hongkongfp.com. Déçu, Tik Chi-yuen refuse cependant de baisser les bras : « En tant que parti politique, bien sûr, nous voulons participer aux élections. […] Je crois qu’il existe d’autres moyens pour nous d’avoir un impact sur la société ».

Un vide laissé par l’opposition traditionnelle

Cette lutte des modérés s’inscrit dans un contexte de bouleversement majeur. Autrefois dominée par la confrontation entre les camps pro-Pékin et pro-démocratie, la scène politique hongkongaise a vu ce dernier pratiquement disparaître.

Depuis l’adoption de la loi sur la sécurité nationale en 2020, les principaux partis d’opposition ont été démantelés. Le Civic Party, l’un des piliers du camp pro-démocratie, a officiellement cessé ses activités en mars 2024 après 18 ans d’existence hongkongfp.com. Plus récemment, le Democratic Party, le plus grand parti d’opposition de la ville, a annoncé en février 2025 qu’il entamait les démarches pour sa dissolution, marquant pour beaucoup « la fin d’une époque » pour l’opposition hongkongaise hongkongfp.com et straitstimes.com.

C’est dans ce vide que des groupes comme Third Side, le PoD Research Institute et Roundtable tentent de survivre, incarnant une voie médiane qui se heurte désormais à un mur.

Stratégies de survie : candidatures indépendantes et passage de relais

Face à ces obstacles, les stratégies varient. Le PoD Research Institute, un think tank modéré fondé par Ronny Tong après avoir quitté le Civic Party, a récemment changé de nom pour éviter d’être perçu comme un groupe politique. Bien que l’institut ait toujours eu des membres participant aux élections, deux d’entre eux, Jeffrey Chan et Allan Wong, se présentent cette année en tant qu’indépendants, sans mentionner leur affiliation.

Ronny Tong, également membre du Conseil exécutif du gouvernement, admet que le système de nomination est « loin d’être idéal ». Il estime que la situation pourrait s’améliorer si les nominateurs étaient plus ouverts à soutenir des candidats qu’ils connaissent moins.

De son côté, le groupe Roundtable, connu pour ses positions modérées au sein du camp pro-establishment, réussit à maintenir une présence. Son fondateur, Michael Tien, 75 ans, a décidé de ne pas se représenter et de « passer le flambeau » à son assistant, Mark Chong. Ce dernier a réussi à obtenir les nominations nécessaires cette fois-ci, après un échec en 2021 où il était en concurrence interne avec Tien.

L’expérience de Chong illustre une réalité : le succès dépend souvent de la notoriété et des réseaux établis. Lors des élections de district de 2023, quatre autres membres de son parti n’avaient recueilli que 41 réponses positives après avoir contacté 241 nominateurs potentiels.

Pendant que 161 candidats, majoritairement issus des grands partis pro-Pékin comme le DAB (26 candidats) ou le FTU (16 candidats), se préparent pour le scrutin, la quasi-absence de voix centristes soulève des questions sur la diversité et la représentativité du futur Conseil législatif de Hong Kong. Pour Tik Chi-yuen, autrefois qualifié de « pan-démocrate modéré » scmp.com, le combat pour un espace politique pluriel se poursuit, même en dehors des institutions.

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