Le Sénat du corps professoral de l’université Cornell a approuvé le vendredi 6 novembre 2026 une résolution de défiance envers l’administration centrale. Ce vote, adopté par 75 voix contre 50 avec 5 abstentions et 5 non-votants, illustre la fracture institutionnelle qui secoue le campus à la suite d’allégations de violences sexuelles.
Le corps professoral n’a pas le pouvoir direct de démettre les dirigeants de leurs fonctions, seule l’instance du conseil d’administration disposant de cette prérogative selon 29News.
La résolution affirme que le Sénat n’a aucune confiance dans la capacité de la direction à traiter la crise en cours.
Les professeurs contestent la gestion de l’affaire Jane Doe
La fronde des professeurs trouve son origine dans une action en justice intentée en septembre 2026 par une ancienne étudiante, identifiée sous le pseudonyme de Jane Doe. Les sept hommes ont nié tout acte répréhensible.
Face à la contestation, le professeur Paul Ortiz, principal parrain de la résolution, a déclaré que de nombreux membres de la communauté estiment que cette affaire représente but a tip of the iceberg
.

Le 28 octobre 2026, une motion visant à reporter le vote de défiance a été rejetée par 76 voix contre 48, confirmant la volonté des sénateurs de trancher rapidement sur la gestion administrative, comme le note Quartz.
Plus d’une douzaine de membres du sénat ont co-signé ce texte textuel qui ne nomme aucune politique spécifique et ne réclame pas formellement le départ de Kotlikoff.
Plus de 160 professeurs à travers l’université ont exprimé leur soutien à cette démarche. Plus de 160 professeurs ont ainsi manifesté leur appui au texte.
Les partisans de la mesure soulignent sa portée symbolique auprès des administrateurs chargés de choisir le dirigeant de l’établissement.
L’administration réagit aux sanctions et à l’État
Sur le plan disciplinaire, l’enquête interne menée par l’université dans le cadre du titre IX s’est traduite par l’expulsion de deux étudiants et des sanctions de suspension ou de probation pour d’autres. De son côté, le président Michael Kotlikoff a annoncé l’interdiction de toutes les soirées et événements sociaux liés aux fraternités pour le reste de l’année académique.
Il a également défendu son action devant le Sénat du corps professoral. Il a estimé qu’un remplacement ne résoudrait pas ces difficultés complexes et pourrait nuire à la réputation de Cornell, tout en reconnaissant que la situation constituait un moment critique pour l’établissement.
L’affaire a également pris une tournure judiciaire extérieure. À la demande de la gouverneure Kathy Hochul, membre ex-officio du conseil d’administration de l’université, la procureure générale de l’État Letitia James a été nommée procureure spéciale pour examiner l’enquête initiale. Cette dernière a confié la conduite de l’investigation à Jacqueline Kelly, ancienne procureure fédérale à Manhattan.

L'enquête indépendante confiée à Sally Yates
Pour faire lumière sur ces dysfonctionnements, l’administration a fait appel à l’ancienne procureure générale par intérim des États-Unis Sally Yates.
Elle doit mener un examen indépendant des politiques de lutte contre les agressions sexuelles en vigueur à Cornell. L’organisme dirigé par Yates doit notamment évaluer la manière dont l’institution a géré le signalement initial de Jane Doe en 2024 ainsi que l’ensemble des procédures similaires enregistrées sur le campus.
Notre article précédent : Le Sénat de l'université Cornell adopte une motion de défiance contre la direction
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