Le Sénat de l’université Cornell adopte une motion de défiance contre la direction

Le Sénat de l’université Cornell a approuvé une résolution de défiance à l’encontre de la direction de l’établissement, par 75 voix contre 50, à la suite des critiques entourant la gestion d’accusations de viol visant des étudiants en 2024. Le vote s’est achevé le 6 novembre 2026, reflétant les vives tensions qui secouent le campus d’Ithaca.

Le scrutin s’est déroulé par voie électronique sur plus d’une semaine et a enregistré cinq abstentions ainsi que cinq bulletins non exprimés, selon un courriel adressé aux membres du Sénat du corps professoral. Cette décision fait suite à une plainte déposée en septembre par une ancienne étudiante, désignée sous le pseudonyme de Jane Doe. Elle affirme avoir été droguée à la kétamine et agressée sexuellement en octobre 2024 par sept membres de la fraternité Chi Phi, ainsi que mal prise en charge par l’administration de l’université, d’après les informations rapportées par l’Associated Press.

Le déroulement des débats et les divisions au sein de la faculté

Avant l’issue du vote, une motion visant à reporter l’échéance avait été rejetée par 76 voix contre 48 le 28 octobre, d’après le New York Times. Certains professeurs avaient tenté de différer la décision dans l’attente des conclusions d’une enquête indépendante menée par l’ancienne procureure générale adjointe des États-Unis, Sally Yates, mandatée par l’université pour examiner ses procédures en matière d’agressions sexuelles.

Le Sénat de l'université Cornell adopte une motion de défiance contre la direction
Photo : actionnews5.com

D’autres universitaires ont émis des réserves sur la formulation du texte. Michael Thompson, professeur de science et d’ingénierie des matériaux, a qualifié la résolution de dénuée de fondement opérationnel précis dans ses échanges avec ses collègues, d’après les retranscriptions relayées par WSKG. À l’inverse, Noah Tamarkin, professeur d’anthropologie, a insisté sur l’attente des étudiants, affirmant que reporter le vote aurait perpétué le statu quo.

Le texte de la résolution stipule que

le Sénat de la faculté n’a aucune confiance dans la capacité de l’administration centrale à remédier efficacement à la crise persistante des agressions sexuelles à l’université Cornell.

Sénat de la faculté, Université Cornell

, comme le rappelle Town & Country. Le professeur Paul Ortiz, auteur principal de la résolution, a soutenu que la mesure constituait un signal fort envoyé aux étudiants. Cornell n’est qu’un exemple parmi tant d’autres d’universités qui continuent de piéger des générations d’étudiants dans les mêmes cycles épuisants d’indifférence administrative, a-t-il déclaré, selon WSKG.

Cornell University Faculty Senate's "no confidence" vote concludes

D’autres universitaires ont émis des réserves sur la formulation du texte. Lara Estroff, professeure en science et ingénierie des matériaux, s’est opposée à retarder le vote mais a indiqué qu’elle ne voterait pas pour la résolution telle que formulée, jugeant sa référence à l’administration trop vague, selon l’Associated Press. À l’inverse, Noah Tamarkin, professeur d’anthropologie, a insisté sur l’attente des étudiants, affirmant que reporter le vote aurait perpétué le statu quo.

Le vote n’appelle pas à la démission du président Michael Kotlikoff et n’a pas pour effet de démettre les administrateurs, les professeurs n’ayant pas le pouvoir de destituer les dirigeants de l’université. Le texte ne mentionne pas non plus Kotlikoff nominalement et ne propose aucune directive politique spécifique, tout en visant directement l’administration centrale.

Le Sénat de l'université Cornell adopte une motion de défiance contre la direction
Photo : wskg.org

La réponse de la présidence

Le président de l’université Cornell, Michael Kotlikoff, a pris la parole devant le Sénat académique pour défendre sa gestion et demander du temps afin de mener à bien des réformes structurelles. Il a indiqué qu’il n’avait pas consulté le rapport de police initial, les règlements universitaires interdisant aux hauts dirigeants d’interférer dans des enquêtes pénales en cours, selon les précisions de l’Associated Press.

Les sept hommes ont nié tout acte répréhensible, selon l’Associated Press.

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