Les cours mondiaux du pétrole ont enregistré une volatilité marquée, dépassant le seuil des 90 dollars le baril en mars 2026, sous l’effet des tensions croissantes au Moyen-Orient. Ce choc énergétique, l’un des plus importants depuis deux ans, est principalement alimenté par les menaces pesant sur le détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique par lequel transite environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié.
Le détroit d’Ormuz, épicentre de la crise
Le détroit d’Ormuz est devenu le point de friction central de cette instabilité. Des rapports indiquent que des navires ont été pris pour cible près du détroit, incitant de nombreuses compagnies maritimes à détourner leurs pétroliers ou à suspendre leur transit. Selon les données de la firme d’analyse Vortexa, environ 16 millions de barils de pétrole brut par jour seraient actuellement bloqués dans le golfe Persique, les navires ne pouvant plus emprunter le passage en toute sécurité. Les analystes de Citi estiment que cette perturbation empêche quotidiennement la circulation de 7 à 11 millions de barils de pétrole brut et de 4 à 5 millions de barils de produits raffinés vers les marchés mondiaux.

Impact sur les infrastructures et la production
Le conflit a dépassé les voies maritimes pour toucher directement les infrastructures énergétiques terrestres. Des responsables saoudiens ont rapporté qu’une installation de stockage de pétrole à la raffinerie Ras Tanura de Saudi Aramco a été frappée par un drone iranien, provoquant un incendie maîtrisé et un arrêt temporaire des opérations. Parallèlement, la production est également sous pression en raison de problèmes de stockage. Au Koweït, des coupes de production ont été initiées dans certains champs pétroliers, le pays ayant atteint ses capacités maximales de stockage. Le Koweït, qui produit environ 2,6 millions de barils par jour, envisage des mesures pour limiter sa production aux seuls besoins de sa consommation intérieure. La reprise de la production dans ces installations, une fois arrêtée, nécessite des jours, voire des semaines, ce qui renforce les craintes d’un resserrement durable de l’offre mondiale.

For more on this story, see Wall Street rebondit sur les semi-conducteurs et données emploi.
This follows our earlier report, Trump Annule Cessez-le-Feu avec l’Iran : Le Pétrole S’envole de Plus de 7 %.
Réactions des marchés et perspectives économiques
L’escalade des tensions a provoqué une réaction immédiate des marchés financiers. Le 6 mars 2026, le brut Brent a brièvement touché la barre des 90 dollars le baril, tandis que le brut américain WTI a dépassé les 87 dollars. La situation pèse particulièrement sur les économies dépendantes des importations énergétiques, comme l’Inde. Les économistes soulignent que chaque augmentation de 10 dollars du prix du baril pourrait creuser le déficit du compte courant indien de 30 à 40 points de base. Les secteurs à forte intensité énergétique, tels que l’aviation, la logistique et la chimie, sont les plus exposés à une pression sur leurs marges opérationnelles.
Gestion budgétaire en Indonésie
L’Indonésie, confrontée à ces incertitudes, a exprimé sa volonté d’ajuster ses dépenses budgétaires pour maintenir le déficit en dessous de 3 % du PIB. Le ministre des Finances, Purbaya Yudhi Sadewa, a indiqué qu’avec un prix du baril atteignant 90 à 92 dollars, le déficit pourrait grimper à 3,6 % sans mesures d’ajustement. Des économistes, comme Yayan Satyaki de l’Université Padjadjaran, notent que bien que la réserve budgétaire indonésienne (SAL) soit d’environ 420 000 milliards de roupies, permettant de couvrir un scénario de fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, ces mesures ne constituent qu’une solution temporaire. Les projections indiquent toutefois une possible stabilisation des prix des carburants non subventionnés vers la fin de l’année 2026, sous réserve d’une évolution favorable des cours du brut et du taux de change.

Read also: Marchés USA en hausse sur l’IA malgré tensions Iraniennes.
À lire aussi