Le Conseil de sécurité ne renouvelle pas le mandat de la MINURSO

Le 30 octobre 2026, le Conseil de sécurité des Nations unies n’a adopté aucun des deux projets de résolution consacrés au Sahara, marquant le premier non-renouvellement du mandat de la MINURSO depuis sa création en 1991. Le texte présenté par les États-Unis a recueilli onze voix pour, une voix contre opposée par la Russie, et trois abstentions, tandis que le contre-projet russe n’a obtenu que trois suffrages favorables. Cette double impasse procédurale ouvre une nouvelle séquence géopolitique centrée sur l’autonomie sous souveraineté marocaine.

Le double veto et le blocage institutionnel à New York

À New York, les tractations menées par le représentant permanent des États-Unis, Michael Waltz, n’ont pas permis de faire fléchir la position de son homologue russe, Vassili Nebenzia. Le projet américain cherchait à placer le plan d’autonomie marocain au cœur d’un mandat renouvelé de la mission onusienne. En réponse, la délégation russe a bloqué le texte, estimant qu’il imposait des solutions partiales, tout en échouant à faire adopter sa propre proposition de reconduction du dispositif existant. Pour expliquer sa décision, le représentant russe a qualifié son opposition de veto salvateur, pour ainsi dire.

Ce scrutin a également mis en lumière l’abstention de la Somalie, qui s’est écartée du texte américain après avoir soutenu la résolution précédente, avant d’apporter son suffrage au contre-projet de Moscou (Medias24). Parallèlement, plusieurs grandes puissances ont réitéré leurs positions devant le Conseil. L’ambassadeur américain Mike Waltz a affirmé que la mission était malheureusement devenue le symbole immuable d’un projet voué à l’échec (Aujourd’hui le Maroc). L’ambassadeur de France à l’ONU, Jérôme Bonnafont, a rappelé que le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine (Aujourd’hui le Maroc). De son côté, l’ambassadrice britannique Sarah MacIntosh a souligné que l’Initiative marocaine d’autonomie constitue la base la plus crédible, viable et pragmatique pour une résolution durable à ce différend (Aujourd’hui le Maroc).

Sahara occidental : veto russe à l'ONU, le mandat de la MINURSO expire

Le démantèlement logistique de la mission onusienne

Dès le dimanche 1er novembre 2026, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a transmis les déclarations du secrétaire général António Guterres saluant l’action des équipes depuis 1991 et rendant hommage aux vingt membres décédés en service (Finances News Hebdo). Le secrétaire général adjoint aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a détaillé le programme de liquidation lors d’une conférence de presse à New York le 4 novembre (Barlamane).

Le programme de retrait prévoit le rapatriement d’environ 160 observateurs militaires et le retrait de 180 civils et personnels affiliés sous la houlette d’une équipe resserrée rattachée au département onusien chargé de la logistique des missions. Le plan prévoit la fermeture d’environ treize installations, parmi lesquelles le quartier général de Laâyoune, le bureau de liaison à Tindouf, ainsi que neuf sites d’équipe répartis de part et d’autre du mur de sable, dont cinq se trouvent à l’est (Barlamane). Les équipements logistiques, les systèmes de communication et les archives font l’objet d’un transfert ou d’un rapatriement, tandis que les contrats locaux sont résiliés (Finances News Hebdo).

Le Conseil de sécurité ne renouvelle pas le mandat de la MINURSO
Photo : Quid.ma

La réunion de haut niveau présidée par le roi Mohammed VI

À Rabat, une réunion de haut niveau a été présidée par le roi Mohammed VI pour structurer la phase post-MINURSO (Atalayar). Autour du Souverain se sont réunis la Première ministre Fatima Ezzahra El Mansouri, le conseiller royal Fouad Ali El Himma, le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, ainsi que le général Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales et commandant de la Zone Sud (Atalayar, Yabiladi). Cette composition institutionnelle marque une volonté d’exercer la pleine souveraineté sur les provinces du Sud et d’ancrer la gestion sécuritaire et administrative au niveau national (Atalayar, Yabiladi).

Dans les zones frontalières, cette transition entraîne des ajustements de précaution. En Mauritanie, les préfets des localités de Chami et de Tmeimichatt ont exhorté les habitants à éviter la ligne frontalière face aux risques d’instabilité potentielle, tandis que le porte-parole du gouvernement mauritanien, Mohamed Abdallah Babana, a réaffirmé la neutralité positive totale de son pays dans le conflit.

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