Syrie : Massacre présumé d’Allawites inquiète la communauté internationale
Damas, Syrie – Plus de 180 personnes ont été tuées en deux jours de violence dans la région côtière ouest de la Syrie, majoritairement peuplée par la minorité allawite, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Les événements, qui ont débuté le 6 mars, suscitent de vives inquiétudes quant à la sécurité de la communauté allawite dans le contexte de la transition politique post-Assad.
L’OSDH rapporte qu’au moins deux douzaines d’hommes de la ville allawite d’al Mukhtareyah ont été assassinés le 7 mars par des hommes armés. Des militants allawites sur place confirment ces informations, appuyées par des séquences vidéo circulant dans la région.Le gouvernement intérimaire syrien, dirigé par Ahmed Al-Sharaa, a promis de poursuivre en justice les “vestiges” du régime déchu de Bashar Al-Assad ainsi que les auteurs d’attaques contre les civils.Damas accuse les partisans d’Assad d’avoir lancé une attaque coordonnée contre les forces gouvernementales le 6 mars, déclenchant les violences.
Les militants allawites témoignent d’une escalade de la violence à l’encontre de leur communauté, notamment dans les zones rurales de Homs et de Lattaquié, depuis la chute d’Assad en décembre, mettant fin à des décennies de règne autoritaire et de guerre civile.
Bien qu’Ahmed Al-Sharaa se soit engagé à gouverner de manière inclusive, aucune rencontre publique n’a été annoncée avec des représentants allawites de haut rang, contrairement à d’autres groupes minoritaires.
La Turquie, un allié clé du nouveau gouvernement syrien, a exprimé son soutien à Damas, soulignant que les tensions à Lattaquié et les attaques contre les forces de sécurité pourraient compromettre les efforts visant à stabiliser le pays et à promouvoir l’unité nationale.Contexte : La communauté allawite en Syrie
La communauté allawite, une branche du chiisme, représente environ 12% de la population syrienne. Historiquement marginalisée,elle a acquis une influence considérable sous le règne de la famille Assad,qui en est issue. Cette situation a engendré des tensions avec la majorité sunnite et d’autres groupes minoritaires. La guerre civile syrienne a exacerbé ces divisions,et la chute du régime Assad soulève des questions cruciales sur la protection des droits et la sécurité de la communauté allawite dans la nouvelle Syrie. La crainte d’une répression ou de représailles est palpable, et la communauté internationale observe attentivement l’évolution de la situation pour prévenir de nouvelles atrocités.
