Coup de théâtre dans l’acquisition de sous-marins canadiens : Naval Group éliminé dès la première étape
OTTAWA – le Canada a surprondu le monde de la construction navale en écartant le groupe français Naval Group de la compétition pour la fourniture de nouveaux sous-marins, et ce, dès le stade de la demande d’informations (RFI). cette décision, qualifiée de déroutante par des experts, ouvre la voie à TKMS (allemagne) et Hanwha (Corée du Sud) pour la suite du processus.
Naval Group, fort de son expérience avec le programme franco-néerlandais Barracuda – auquel le Canada aurait pu avoir accès – et du poids politique de la France en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, s’attendait à poursuivre dans la compétition.L’entreprise française misait sur un dialog stratégique et industriel approfondi, estimant que sa proposition répondait aux besoins canadiens.
La décision intervient alors que le Canada cherche à accélérer le remplacement de sa flotte de sous-marins vieillissante, anticipant un trou capacitaire majeur. TKMS et Hanwha se sont engagés à livrer rapidement les nouveaux bâtiments, une promesse qui a visiblement pesé dans la balance.
Cependant, des sources proches du dossier tempèrent cet optimisme. “Croire que le Canada va signer un contrat avec TKMS ou Hanwha d’ici la fin de l’année est une vue de l’esprit”, affirme un analyste. La négociation de contrats de ce type est notoirement longue et complexe.
des délais de livraison souvent dépassés : un aperçu historique
L’histoire des acquisitions de sous-marins à l’international révèle des processus longs et sinueux. Les Pays-Bas et l’Australie ont mis une décennie pour finaliser leurs choix, tandis que Singapour a pris huit ans. Même la Norvège, qui a opté pour une procédure de gré à gré avec TKMS, a attendu plus de quatre ans entre la décision et la signature du contrat (2017-2021).
Le défi de la reconstruction d’une flotte
Comme le souligne un expert, “Pour remonter une flotte, il faut un grand partenaire”. Le Canada devra donc naviguer avec prudence dans les négociations à venir, en tenant compte des contraintes budgétaires, des exigences technologiques et des délais de livraison réalistes. L’acquisition de sous-marins est un investissement stratégique à long terme, et le choix final aura des implications profondes pour la sécurité nationale canadienne et sa capacité à projeter sa puissance sur les scènes internationale.
Cette décision marque un tournant dans le programme de modernisation de la marine canadienne et soulève des questions sur les critères de sélection et les priorités stratégiques d’Ottawa. Le Canada devra désormais mener des négociations approfondies avec les deux finalistes pour déterminer quel partenaire sera en mesure de répondre à ses besoins de manière efficace et durable.
