URGENCE : Le cerveau décortique la parole non pas par mots, mais par intervalles de temps fixes !
New York, États-Unis – Une découverte révolutionnaire en neurosciences pourrait changer notre compréhension du traitement du langage. des chercheurs de l’Université Columbia et de l’Université de Rochester ont démontré que le cerveau humain ne traite pas la parole en fonction de sa structure (syllabes, mots), mais plutôt en fonction d’intervalles de temps fixes, d’environ 100 millisecondes.
L’étude,publiée récemment,a utilisé des techniques d’imagerie cérébrale pour observer l’activité du cortex auditif chez des participants exposés à la parole à différentes vitesses. L’équipe s’attendait à observer des variations dans la fenêtre temporelle neuronale en fonction de la vitesse de la parole. Or, les résultats ont révélé que le cerveau opère sur une échelle de temps interne constante, indépendamment de la structure du son.
“Cette découverte remet en question l’idée intuitive que le traitement cérébral devrait être lié aux structures de la parole que nous entendons, comme les syllabes ou les mots”, explique Nima Mesgarani, professeur en génie électrique à Columbia et auteur principal de l’étude. “Nous avons montré que le cortex auditif fonctionne sur une échelle de temps fixe et interne, fournissant un flux d’informations systématiquement chronométré que les régions cérébrales supérieures doivent ensuite interpréter pour dériver le sens linguistique.”
Implications pour la compréhension des troubles du langage
Cette recherche ouvre des perspectives cruciales pour la compréhension des troubles du traitement de la parole. En identifiant le mécanisme fondamental par lequel le cerveau transforme les sons en langage, les scientifiques espèrent mieux comprendre les causes des déficits de traitement de la parole et développer de nouvelles stratégies thérapeutiques.
“Mieux nous comprenons le traitement de la parole, mieux nous pensons que nous serons en mesure de comprendre ce qui provoque des déficits dans le traitement de la parole”, souligne Sophie Norman-Haignere, chercheuse impliquée dans l’étude.
Un pont entre l’audition et le langage
La transformation des sons en langage reste un mystère complexe. Cette étude met en lumière un élément clé de cette transformation : le cerveau utilise une sorte de “métronome interne” pour découper le flux sonore en unités de temps régulières, avant de les interpréter comme des mots et des phrases.
Les chercheurs continuent d’explorer cette zone de recherche passionnante, avec le soutien des National Institutes of Health et d’une subvention de Marie-Josee et Henry R. Kravis. Cette découverte pourrait bien marquer une étape décisive dans notre compréhension du fonctionnement du cerveau humain et de la complexité du langage.
