Environ 240 millions de jeunes, soit un quart des adolescents dans le monde, n’ont atteint aucun « jour actif » au cours d’une semaine type en 2025, selon une analyse publiée dans la revue The Lancet Global Health. L’Organisation mondiale de la santé alerte sur une absence totale de progression depuis quinze ans.
La moyenne mondiale s’établit à 2,7 jours d’activité physique par semaine, un niveau strictement inchangé entre 2010 et 2025. Seuls 14 % des jeunes âgés de 11 à 17 ans respectent quotidiennement les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé. Cette évaluation s’appuie sur 389 enquêtes menées auprès de 3,2 millions d’adolescents dans 140 pays.
Quinze ans de stagnation face aux objectifs de 2030
Aucun pays n’est actuellement en bonne voie pour atteindre la cible fixée par l’institution internationale. L’objectif consiste à réduire de 15 % l’inactivité physique entre 2010 et 2030.
Faute d’une accélération drastique des politiques publiques, la décennie s’achèvera sur un statu quo sanitaire préoccupant.

Ces quinze dernières années, le monde n’a pratiquement fait aucun progrès pour encourager les jeunes à être actifs, les filles étant particulièrement désavantagées
Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS
L’agence sanitaire rappelle que le manque d’exercice constitue un facteur de risque majeur pour le développement de maladies cardiovasculaires, du diabète de type 2 et de certains cancers. La sédentarité précoce hypothèque ainsi durablement l’espérance de vie des générations futures.
Le fossé du genre et la relégation des filles
Vingt-huit pour cent des filles déclarent n’avoir eu aucun jour actif au cours de la semaine, contre 22 % des garçons. À l’autre extrémité, seulement 11 % des adolescentes pratiquent une activité quotidienne, comparativement à 17 % des garçons. Les disparités entre les sexes traversent l’ensemble des régions du globe.
Cet écart se creuse à mesure que les jeunes avancent en âge. Les normes de genre restrictives, les obstacles culturels et les préoccupations liées à la sécurité des espaces publics marginalisent durablement les adolescentes hors des terrains de sport.

Inégalités géographiques et défaillances urbaines
Dans les nations à revenu élevé d’Europe centrale, d’Asie centrale ou d’Asie de l’Est, les adolescents affichent une moyenne de quatre jours actifs par semaine. En revanche, les pays à revenu faible ou intermédiaire de l’Amérique latine, des Caraïbes, du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne chutent à deux jours actifs hebdomadaires, avec des taux d’inactivité totale oscillant entre 22,7 % et 33,1 %. La fracture économique mondiale se reflète directement dans les statistiques de mobilité juvénile.
Pour expliquer ces blocages, l’OMS pointe l’aménagement des territoires. L’absence d’itinéraires cyclables sécurisés, la rareté des espaces verts, la cherté des équipements et l’omniprésence des écrans numériques enferment les jeunes dans des modes de vie sédentaires.
Créez des occasions de pratiquer une activité physique tout au long de la journée scolaire, aménagez des espaces verts et assurez la sécurité des trajets à pied ou à vélo pour que les élèves puissent se rendre à l’école
Dre Tessa Strain, auteure principale de l’étude
L’appel de l’OMS et l’engagement du secteur privé
Face à l’enlisement de la situation, la direction de l’organisation onusienne réclame une refonte globale des politiques publiques englobant l’urbanisme, les transports scolaires et l’éducation.
Les pays ont besoin de politiques qui permettent d’intégrer l’activité physique de manière simple, sûre et accessible dans la vie quotidienne
Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS
Dans la foulée de cet avertissement sanitaire, 84 entreprises et fédérations du secteur des articles de sport ont cosigné une lettre ouverte coordonnée par la Fédération mondiale de l’industrie des articles de sport. Les signataires s’engagent à élargir l’accès au matériel, à financer des programmes de terrain et à réduire l’écart de participation entre les genres au sein des communautés locales, comme l’atteste l’engagement pris par 84 acteurs de ce marché.
Pour aller plus loin