Le 11 août 2026, des plongeurs de l’armée roumaine ont détruit deux drones de type Gerbera qui dérivaient dans la zone économique exclusive du pays en mer Noire, près du projet gazier Neptun Deep. L’Ukraine a confirmé que ces engins n’appartenaient pas à ses forces armées, selon le ministre de la Défense Radu Miruta.
La découverte de ces deux engins sans pilote dans la zone économique exclusive de la Roumanie a nécessité une intervention militaire rapide en mer Noire. L’incident s’est produit à proximité directe du chantier de l’important projet gazier offshore Neptun Deep, qui représente un enjeu énergétique majeur pour l’ensemble de l’Union européenne. Les appareils ont été repérés pour la première fois par l’équipage d’un navire civil engagé sur le site de construction, ce qui a immédiatement déclenché une alerte de sécurité pour protéger les installations et les voies de navigation environnantes.
Intervention des plongeurs de l’armée roumaine sur le site de Neptun Deep
Face à la menace que représentaient ces engins dérivants pour les infrastructures critiques en cours d’installation, l’État major roumain a dépêché des spécialistes pour neutraliser les structures. Les plongeurs militaires ont procédé à une opération ciblée pour éliminer le danger sans compromettre l’intégrité des travaux en profondeur menés au large.
Radu Miruta, ministre roumain de la Défense, a indiqué que pour la sécurité de la voie de navigation et des travaux en cours autour de la plateforme, la décision avait été prise de procéder à une destruction contrôlée par détonation.
Le ministre de la Défense Radu Miruta a précisé que les autorités de Bucarest avaient immédiatement pris contact avec leurs homologues ukrainiens sitôt l’alerte donnée. Si le ministre n’a pas désigné explicitement l’origine exacte des vecteurs de type Gerbera, le contexte sécuritaire régional et la nature des incidents passés en mer Noire continuent de peser lourdement sur les analyses des observateurs.
Sécurisation de la zone économique exclusive et coopération en mer Noire
Cet événement survient dans un climat particulièrement tendu le long des frontières maritimes orientales de l’OTAN. La Roumanie, qui partage une frontière terrestre de 614 kilomètres avec l’Ukraine, fait face depuis plus de quatre ans à des incursions répétées dans son espace aérien et à la dérive régulière de mines ou d’objets flottants non identifiés le long des routes énergétiques et commerciales.

Pour faire face à ces risques persistants pour la navigation et l’approvisionnement, la Roumanie, la Bulgarie et la Turquie unissent leurs efforts au sein d’une structure commune. Les trois pays riverains membres de l’Alliance atlantique ont déjà neutralisé collectivement plus de 150 mines marines dérivantes. En juillet, ces nations ont formellement élargi le mandat de leur groupe opérationnel maritime pour y inclure spécifiquement la protection des infrastructures énergétiques critiques, telles que les forages et les gazoducs sous-marins.
Perspectives pour le projet Neptun Deep et l’indépendance énergétique européenne
La mise en exploitation de ce site offshore en mer Noire est planifiée pour 2027.
Une fois le gaz extrait et injecté dans les réseaux de transport, Bucarest devrait s’imposer comme le plus important producteur de gaz naturel de toute l’Union européenne. C’est précisément cette dimension stratégique et économique qui expose les plateformes de forage à des risques sécuritaires accrus, obligeant les forces navales de la région à maintenir un niveau de vigilance permanent dans la zone économique exclusive roumaine.
Sur le même sujet