Irlande : Une Société Israélienne de Surveillance au Cœur d’une Enquête
dublin, Irlande – Une société israélienne de technologie, Cognyte, est sous le feu des projecteurs en Irlande suite à des révélations concernant ses capacités de surveillance avancées, potentiellement utilisées par les services de sécurité irlandais.L’information, initialement révélée par le Irish Times, soulève des questions cruciales sur la protection de la vie privée et les contrôles exercés sur les technologies de surveillance.
Cognyte vend notamment une technologie secrète baptisée “First Mile”, permettant de localiser des téléphones portables uniquement à partir de leur numéro. Cette capacité s’étend à la collecte de données contenues dans les SMS et à l’enregistrement vocal à partir des appareils mobiles, selon l’avocat israélien spécialisé dans les droits de l’homme, eitay Mack, qui a mené des actions en justice concernant les ventes de Cognyte au Myanmar et au Brésil.L’existence de ce programme a été mise en lumière lors d’une enquête sur l’utilisation des produits cognyte par les services de renseignement brésiliens. Mack met en garde contre le risque d’abus lorsqu’un pays se dote d’une telle technologie, soulignant la nécessité de “chèques et contrepoids solides” sur les services de sécurité.
cognyte entretient des liens étroits avec les services de sécurité israéliens, ayant récemment nommé Nadav Argaman, ancien chef du Shin Bet (service de sécurité intérieur israélien), comme conseiller principal. Il n’est actuellement pas clair si les outils de Cognyte sont utilisés dans la bande de Gaza.
Interrogé, un porte-parole du ministère de la Justice irlandais a indiqué qu’il ne pouvait commenter les questions relevant de la compétence du commissaire de garda (la police irlandaise). Il a également précisé que la technologie utilisée par Garda ne serait pas divulguée pour des raisons de sécurité et opérationnelles.
Contexte et Implications:
L’affaire Cognyte s’inscrit dans un contexte mondial croissant de préoccupations concernant la surveillance de masse et l’utilisation abusive des technologies de surveillance. Des entreprises comme NSO group, également israélienne, ont déjà été accusées de vendre des logiciels espions à des régimes autoritaires, permettant de cibler des journalistes, des militants et des opposants politiques.
La capacité de localiser des individus et d’accéder à leurs communications personnelles soulève des questions fondamentales sur le droit à la vie privée, la liberté d’expression et la protection des droits de l’homme. Les gouvernements du monde entier sont confrontés à un dilemme : comment équilibrer la nécessité de lutter contre le crime et le terrorisme avec la protection des libertés civiles ?
Cette affaire irlandaise met en évidence la nécessité d’une transparence accrue concernant les achats et l’utilisation des technologies de surveillance par les services de sécurité, ainsi que la mise en place de mécanismes de contrôle indépendants et efficaces pour prévenir les abus. Le débat sur la régulation de l’industrie de la surveillance est loin d’être clos et continue de susciter des inquiétudes croissantes à l’échelle internationale.
