La FIFA fait face à une contestation sans précédent menée par l’UEFA et des associations européennes contre le projet FIFA Forward Enterprise de Gianni Infantino. Alors que la fronde grandit au sujet de la privatisation des droits commerciaux, le président de la FIFA reçoit le soutien inattendu de Donald Trump.
La gouvernance du football mondial traverse une zone de turbulence majeure. L’instance dirigeante du ballon rond a vivement réagi à ce qu’elle qualifie d’effort concerté et permanent visant à semer le doute et saper l’autorité de la structure et de son dirigeant principal, Gianni Infantino.
L’échec du projet FIFA Forward Enterprise et la fronde européenne
La crise actuelle trouve son origine dans le projet avorté de Gianni Infantino, baptisé FIFA Forward Enterprise (FFE). Ce plan prévoyait de regrouper les droits commerciaux des compétitions phares de l’institution — incluant la Coupe du monde masculine, la Coupe du monde féminine et la Coupe du monde des clubs — au sein d’une entité commerciale distincte, selon les informations de la presse britannique.
Sous cette configuration, la FIFA aurait cédé une participation minoritaire de 21 pour cent dans cette nouvelle société à des investisseurs externes, pour une valorisation estimée à environ 20 milliards de dollars. Le consortium acheteur devait être mené par Thrive Capital, dirigé par Joshua Kushner, le frère de Jared Kushner, créant ainsi un pont indirect avec l’entourage de Donald Trump.
Face à cette tentative de privatisation, l’opposition européenne s’est structurée rapidement. L’UEFA est montée au créneau pour affirmer que l’arrivée de capitaux privés risquait de subvertir les priorités du football, faisant passer le rendement financier avant l’intégrité sportive. Toutes les 55 associations membres de l’UEFA ont ainsi brandi la menace d’un boycott des compétitions de la FIFA si le projet n’était pas abandonné.
L’organisme mondial a vigoureusement défendu son dirigeant face à la fronde européenne, rejetant en bloc des allégations jugées infondées. L’instance a martelé pour répondre aux attaques ciblant sa gestion et sa direction que les spéculations et les insinuations ne devaient pas être présentées comme des faits.
Les soutiens internationaux et les pressions politiques
Alors que la présidente de la Fédération norvégienne de football, Lise Klaveness, a publiquement appelé à la démission du dirigeant helvético-italien, la ligne de fracture s’est nettement dessinée entre l’Europe et le reste du monde. Les fédérations d’autres confédérations ont choisi de resserrer les rangs autour du président en poste.
La Confédération sud-américaine (Conmebol) et la Fédération mexicaine de football ont ainsi signifié qu’elles rejetteraient toute manœuvre visant à évincer Gianni Infantino sans un vote impliquant l’ensemble des 211 pays membres. De son côté, la Confédération africaine de football (CAF) a accordé un appui unanime à sa reconduction.

C’est dans ce climat de forte tension politique que le président américain Donald Trump a choisi d’intervenir pour prêter main-forte à son allié, d’après les révélations de la presse internationale. Les liens entre les deux hommes se sont noués dès 2018 et se sont resserrés à l’occasion des préparatifs du Mondial à venir.
Un haut responsable américain, proche de l’administration Trump et de la FIFA, a affirmé que Gianni Infantino les avait beaucoup aidés à organiser la meilleure Coupe du monde de tous les temps, ajoutant que le président était très impressionné par lui et qu’il avait la certitude qu’il ferait tout ce en son pouvoir pour l’aider.
La relation entre les deux personnalités s’est illustrée lors de divers protocoles, allant de la remise de trophées personnalisés jusqu’à l’attribution d’un prix de la paix en décembre dernier. Un haut fonctionnaire proche du dossier a insisté sur l’attachement de Donald Trump à la loyauté, soulignant que le dirigeant sportif avait largement facilité l’obtention des droits d’organisation pour les États-Unis.
Les perspectives financières et les incertitudes institutionnelles
Au cœur de la tourmente, la question des retombées économiques pour le football mondial reste l’argument massue de la direction de la FIFA. Gianni Infantino avait soutenu que l’ouverture au capital privé aurait permis de faire passer les subventions aux associations membres de 8 millions de dollars à 20 millions de dollars par cycle, avec des perspectives de revalorisation à l’horizon 2035.
Malgré l’abandon du volet FFE face à l’ampleur des contestations menées par l’UEFA, la Confédération asiatique et la Concacaf, la bataille pour l’avenir de l’institution n’est pas tranchée. Les menaces de boycott de l’UEFA demeurent officiellement sur la table tant que certaines exigences ne seront pas remplies par l’exécutif mondial.
Pour l’heure, l’instance de Zurich s’en tient à la légitimité des urnes pour faire front, estimant que les opposants cherchent à obtenir par la polémique ce qu’ils ne peuvent décrocher dans le cadre des procédures démocratiques établies par le sport roi.
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