Kristen Stewart envisage de quitter les États-Unis en raison des politiques de Trump
Los Angeles, Californie – L’actrice Kristen Stewart envisage sérieusement de déménager en Europe, invoquant un climat politique et économique aux États-Unis qui entrave sa liberté artistique et la production cinématographique indépendante. L’annonce intervient alors que l’industrie du cinéma est confrontée à des incertitudes croissantes liées aux propositions tarifaires de l’ancien président Donald Trump.
Dans une récente interview accordée au Times, Stewart a expliqué qu’elle concentre désormais sa carrière de réalisatrice sur des projets européens, estimant qu’il lui est devenu “impossible de travailler librement” aux États-Unis. Son premier long métrage en tant que réalisatrice, “The Chronology of Water”, a été tourné en Lettonie, un choix motivé par les obstacles rencontrés pour une production similaire sur le sol américain.
“La réalité est en train de s’effondrer complètement sous Trump”, a-t-elle déclaré, ajoutant qu’il est nécessaire de “créer la réalité dans laquelle on veut vivre”.
La menace de tarifs douaniers de 100% sur les films produits en dehors des États-Unis, initialement proposée par Trump en septembre dernier, est au cœur de ses préoccupations. L’ancien président avait dénoncé une “vol” de l’industrie cinématographique américaine par d’autres pays, ciblant particulièrement la Californie et son gouverneur Gavin Newsom.
“Notre industrie cinématographique a été volée à l’Amérique par d’autres pays, comme voler des bonbons à un bébé!”, avait-il écrit sur son réseau social Truth Social.
La proposition, bien que n’ayant pas encore été concrétisée, a suscité l’inquiétude dans l’industrie. Le bureau de presse du gouverneur Newsom avait qualifié cette initiative de “100% stupide”, soulignant les dommages irréparables qu’elle pourrait causer à l’industrie cinématographique américaine.
Stewart, qui réside entre Los Angeles et New York, a affirmé qu’elle ne prévoyait probablement pas de rester aux États-Unis longtemps. Elle aspire à produire des films en Europe et à les “enfoncer dans la gorge du peuple américain”, soulignant ainsi son désir de contourner les obstacles qu’elle perçoit.
Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de critiques de Stewart envers l’industrie du divertissement, qu’elle a récemment qualifiée de “capitalist hell” (“enfer capitaliste”) dans une interview accordée au New York Times. Elle dénonce un système qui crée des barrières pour les artistes et marginalise les voix minoritaires.
“Nous devons commencer à voler nos films”, a-t-elle déclaré, appelant à une remise en question des structures existantes et à une plus grande liberté d’expression artistique.
L’histoire de Stewart avec Trump remonte à plus d’une décennie, à l’époque de sa relation avec Robert Pattinson et du scandale d’infidélité avec le réalisateur Rupert Sanders. Trump avait alors publié une série de tweets critiquant Stewart et encourageant Pattinson à la quitter.
L’actrice a également récemment dénoncé le manque de représentation féminine et d’équité dans l’industrie du cinéma, soulignant la nécessité d’un changement systémique.
L’impact potentiel de la politique de Trump sur l’industrie cinématographique est significatif. Selon les données de la Motion Picture Association, les productions cinématographiques américaines ont généré 18,3 milliards de dollars de revenus en 2023, contribuant de manière significative à l’économie américaine et employant des millions de personnes. Une augmentation des tarifs douaniers pourrait entraîner une diminution de la production cinématographique aux États-Unis, une perte d’emplois et une réduction des revenus.
L’avenir de l’industrie cinématographique américaine reste incertain, mais la décision de Kristen Stewart de chercher des opportunités en Europe témoigne d’une inquiétude croissante parmi les artistes et les créateurs quant à la liberté artistique et à la viabilité économique de l’industrie dans le contexte politique actuel.
