Le président kenyan William Ruto a ordonné le 2 septembre 2026 l’arrêt des petites activités commerciales tenues par des ressortissants étrangers, provoquant la panique et des files d’attente massives aux ambassades à Nairobi. Cette directive suscite des tensions diplomatiques régionales et rafraîchit les débats sur le Marché commun de l’EAC.
La tension est vive dans les rues de Nairobi et dans les colonies informelles comme à Kibera. Depuis que le président William Ruto a ordonné l’arrêt des activités menées par de petits commerçants étrangers, la incertitude plane. Le chef de l’État a exigé que ces activités soient réservées aux citoyens kenyans, fixant l’échéance de conformité pour la semaine du 7 septembre 2026.
Sur le terrain, l’impact se fait immédiatement ressentir. Les gares de minibus et les marchés voient fuir les travailleurs étrangers, tandis que de nombreux ressortissants se tournent vers leurs représentations diplomatiques.
Le cauchemar bureaucratique des petits commerçants et la réaction diplomatique de l’Ouganda
À l’ambassade du Burundi et devant les cybercafés, des centaines de personnes tentent d’obtenir en urgence des documents de voyage. Le dirigeant de l’opposition Kalonzo Musyoka a fustigé la gestion de cette mesure, affirmant que le spectacle de ces foules cherchant des titres de transport témoigne de la confusion ambiante.
Du côté de Kampala, le gouvernement ougandais a ouvert des pourparlers diplomatiques avec Nairobi. Selon des responsables du ministère des Affaires étrangères et du bureau de la présidence ougandaise, la plupart des personnes touchées sont des commerçants et des travailleurs dont les demandes de permis et de licences n’ont pas encore été traitées par l’administration kenyane.
Les autorités ougandaises cherchent ainsi à déterminer le nombre exact de citoyens en attente de validation ou non régularisés.
Les avertissements de Bujumbura et la position de la Tanzanie sur le protocole de l’EAC
La situation a également fait réagir le Burundi. Le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a mis en garde le Kenya contre les discours haineux ciblant ses ressortissants, soulignant que la sécurité de la communauté burundaise réside sous la responsabilité de Nairobi.

Pendant ce temps, à Dar es Salaam, la Tanzanie examine de près la décision kényane pour vérifier sa conformité avec le protocole du Marché commun de la Communauté est-africaine (EAC). L’ambassadrice Mindi Kasiga, responsable de la communication au ministère tanzanien des Affaires étrangères, a rappelé que l’adhésion au marché commun n’ouvre pas automatiquement toutes les activités économiques aux citoyens de l’EAC.
Débats économiques et projet de loi sur le contenu local à l’Assemblée
À Nairobi, les avis divergent au sein de la population. D’un côté, certains commerçants locaux soutiennent l’intervention présidentielle. C’est le cas de Kiprono Kutuny, qui estime que le gouvernement doit protéger les petits commerçants kényans face à une concurrence qu’il juge déloyale.

D’autres voix s’élèvent pour critiquer la mesure.
Pour formaliser sa politique, le président Ruto s’appuie également sur le projet de loi sur le contenu local de 2025 (Local Content Bill, 2025), actuellement examiné par le Parlement. Le texte vise à renforcer l’emploi local et l’approvisionnement national par les entreprises étrangères, alors que le pays se dirige vers les élections générales de 2027.
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