Kashim Chowdhury jugé pour avoir cumulé cinq emplois publics frauduleusement

Kashim Chowdhury, un fonctionnaire de 55 ans, est jugé à la Southwark Crown Court pour avoir frauduleusement cumulé jusqu’à cinq emplois publics à temps plein entre février 2020 et septembre 2023. L’accusé, qui nie les neuf chefs d’accusation de fraude, aurait perçu près de 350 000 livres sterling en dissimulant ses activités multiples à ses employeurs.

Un système de fraude complexe à 350 000 livres sterling

Selon l’accusation, le fonctionnaire aurait systématiquement exploité les protocoles de télétravail mis en place durant la pandémie de Covid-19 pour occuper simultanément plusieurs postes au sein de l’administration britannique.

Entre février 2020 et septembre 2023, Chowdhury aurait obtenu des contrats auprès de huit organisations publiques, dont le Home Office, le ministère de l’Environnement (Defra), l’agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA), le ministère de la Santé et des Affaires sociales, le ministère des Entreprises et du Commerce, la Food Standards Agency et le East London NHS Foundation Trust, en plus de son poste initial au conseil de Tower Hamlets. Au sommet de ce dispositif, il était contractuellement tenu d’effectuer 183 heures de travail par semaine, un volume horaire physiquement impossible pour une semaine ne comptant que 168 heures.

L’incident du maquillage lors d’un appel vidéo

L’un des épisodes les plus marquants de l’audience concerne une réunion sur la plateforme Teams avec sa supérieure à l’UKHSA, Aleesha Adams, en mai 2023. Pour justifier ses absences répétées, Chowdhury aurait tenté de simuler un état de santé dégradé.

Kashim Chowdhury jugé pour avoir cumulé cinq emplois publics frauduleusement
Photo : metro.co.uk

“Il ne fait aucun doute que le prévenu avait appliqué du maquillage sur son visage pour cette réunion Teams afin de tenter de faire croire à son manager qu’il était souffrant.”

Lucy Organ, procureure

La procureure Lucy Organ a expliqué au jury que le maquillage avait commencé à se séparer sur son front, révélant la peau réelle de l’accusé en dessous. Pour masquer ses autres activités, Chowdhury aurait également prétendu lors de cet appel qu’il utilisait une adresse e-mail du Defra par erreur, une explication jugée mensongère par l’accusation, selon le Metro.

La gestion des arrêts maladie et des justificatifs

Pour jongler entre ses obligations professionnelles contradictoires, Chowdhury aurait invoqué des crises domestiques, notamment la nécessité de prendre soin de sa mère, pour justifier le télétravail. Lorsque la charge de travail devenait insurmontable, il aurait eu recours à des arrêts maladie.

Le tribunal a appris que l’accusé avait été placé en arrêt de travail pour « anxiété mixte et trouble dépressif » auprès de certains employeurs, tout en continuant à percevoir des salaires complets d’autres ministères. Cette pratique lui a permis d’encaisser plus de 280 000 livres sterling de salaire brut spécifiquement durant les mois où il cumulait plusieurs contrats, selon les éléments présentés par Dazzling Dawn.

La découverte de la fraude par le National Fraud Initiative

Le stratagème a été mis au jour après que le National Fraud Initiative a transmis des alertes au Defra concernant des incohérences dans les dossiers de paie et les données d’assurance nationale. L’enquête a révélé que les revenus crédités sur les trois comptes bancaires de l’accusé dépassaient les 300 000 livres sterling, pour environ 250 000 livres de débits sur la période.

Kashim Chowdhury plaide non coupable des chefs d’accusation retenus contre lui. Il conteste avoir agi de manière malhonnête ou avoir eu l’intention d’obtenir un gain illicite. Le procès, qui se tient à la Southwark Crown Court, devrait durer environ trois semaines.

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