Le Financial Action Task Force (FATF) a lancé mercredi son plan d’action 2026-2028 pour lutter contre la fraude, un projet qui marque le début de la présidence britannique sous la direction de Giles Thomson, qui a pris ses fonctions le 1er juillet 2026. Cette initiative vise à renforcer la coopération internationale contre les crimes financiers, en particulier face à une « épidémie mondiale de fraude » qui a entraîné des pertes estimées à près de 500 milliards de dollars entre 2024 et 2025, selon les déclarations officielles.
Le changement de présidence au FATF
Le Royaume-Uni a pris la présidence du FATF, l’organisme chargé de lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, à partir du 1er juillet 2026. Giles Thomson, ancien responsable du ministère britannique de l’Économie, a été nommé président, succédant à Elisa de Anda du Mexique. Cette transition intervient alors que le FATF prépare son évaluation de la conformité du Royaume-Uni, qui aura lieu en juin 2027, selon un rapport publié par le Royal United Services Institute (RUSI).

« Le Royaume-Uni a pris une initiative majeure en impliquant des experts extérieurs dans son processus d’évaluation, un pas vers une plus grande transparence », a déclaré un responsable du RUSI. Cette approche innovante contraste avec la culture historique du FATF, qui a traditionnellement gardé ses processus secrets, notamment lors des évaluations mutuelles des pays.
Les priorités du plan d’action 2026-2028
Le plan d’action du FATF vise à renforcer la lutte contre les flux financiers liés aux fraudes, en particulier ceux liés aux groupes organisés transnationaux. « Avec près de 90 % des évaluations précédentes identifiant la fraude comme une source majeure de revenus illicites, le Royaume-Uni s’engage à renforcer l’utilisation des outils du FATF pour combattre ces pratiques », a indiqué le FATF dans un communiqué.
Les mesures incluent la saisie d’actifs, la suspension des transactions frauduleuses et une meilleure coopération transfrontalière. « Les fraudeurs exploitent les innovations technologiques, comme l’intelligence artificielle et les actifs numériques, pour cibler les plus vulnérables, avec des conséquences souvent graves », a déclaré Giles Thomson lors du lancement du plan. « Il faut répondre à leur vitesse avec une alliance transsectorielle et transfrontalière. »
Les défis de l’évaluation du Royaume-Uni
Le Royaume-Uni devra justifier sa capacité à combattre la fraude, qui est devenue le crime le plus courant dans le pays. L’évaluation de la conformité du Royaume-Uni, prévue en 2027, sera un test important pour le FATF, qui a adopté une méthode plus exigeante depuis 2022. Selon le RUSI, la cinquième évaluation du Royaume-Uni sera la première à utiliser cette nouvelle approche, qui exige une preuve concrète de l’efficacité des mesures prises.

« Le Royaume-Uni doit démontrer qu’il peut gérer les risques spécifiques à son contexte, comme la montée des fraudes numériques », a souligné un expert cité par le RUSI. Les évaluations précédentes, comme celle de Singapour, ont montré que la conformité légale ne suffit plus : il faut une action effective.
Le rôle du Royaume-Uni dans la lutte mondiale
Le Royaume-Uni a également annoncé son intention de renforcer la coopération avec des partenaires privés et publics, en particulier dans le partage d’informations. « La lutte contre la fraude exige une collaboration étroite entre les secteurs, car les criminels opèrent à l’échelle mondiale », a ajouté Giles Thomson. Cette approche aligne le FATF avec les priorités stratégiques de 2026-2028, qui incluent l’amélioration de la supervision basée sur le risque.

Le FATF, connu pour son « Black List » des juridictions jugées vulnérables, a également souligné la nécessité de protéger les économies contre les menaces liées aux armes de destruction massive. « Les fraudes financières alimentent des systèmes de crime organisé, qui menacent la sécurité mondiale », a précisé le communiqué.
Quelles sont les prochaines étapes ?
Le plan d’action 2026-2028 sera testé lors des évaluations futures, notamment celle du Royaume-Uni en 2027.
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