Jordanie : huit morts dans une fusillade dans une église

Sept personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées lors d’une fusillade perpétrée par des hommes armés non identifiés le 23 octobre 2026 dans une église orthodoxe grecque à Hammoud, dans le gouvernorat de Karak en Jordanie. L’attaque a suscité une vive indignation à travers le Moyen-Orient et incité les autorités à renforcer la sécurité.

L’attaque armée à l’église de Hammoud et le bilan des victimes

L’attaque s’est produite en plein jour alors que des fidèles assistaient à des funérailles. Des hommes armés ont ouvert le feu pendant plusieurs minutes à l’intérieur et aux abords de l’église Saint-Georges, située dans le village de Hammoud, dans le sud de la Jordanie. Les assaillants sont arrivés à bord d’un véhicule avant de lancer leur assaut. Des images de vidéosurveillance diffusées par les médias officiels ont capté la scène, montrant plusieurs individus armés s’approchant de l’édifice religieux.

Le bilan initial communiqué par le directeur de la Sûreté publique, le major général Obaidullah Al-Maaytah, faisait état de sept personnes tuées et de 34 blessés. Ce nombre a ensuite été revu à la hausse par les autorités sanitaires et les médias d’État, qui recensent désormais huit morts et des dizaines de blessés pris en charge dans divers hôpitaux de la région. Le ministre de la Santé, Ibrahim Al-Budour, a précisé que plusieurs patients restaient hospitalisés, dont au moins deux se trouvant dans un état critique.

La réaction du roi Abdallah II et les mesures sécuritaires immédiates

Face à ce drame d’une rareté marquante dans le royaume hachémite, le roi Abdallah II s’est rendu à Karak quelques heures après les faits pour visiter les blessés. Le souverain a qualifié l’acte de terroriste et a promis une riposte implacable.

Attaque lors de funérailles dans une église en Jordanie filmée par vidéosurveillance ; 7 morts, c…

Le sang des Jordaniens est précieux, et nous frapperons ceux qui transgressent contre ce pays avec une main de fer.

Roi Abdallah II, via Reuters et CNN

Le Premier ministre Jafar Hassan a qualifié l’événement de résultat d’une idéologie terroriste et d’un extrémisme aveugle dans une publication relayée sur les réseaux sociaux. De son côté, le ministre de l’Intérieur Mazin Al Farrayeh a indiqué que les agences de sécurité travaillaient sans relâche, tout en soulignant qu’il était encore prématuré d’attribuer l’attaque à un groupe spécifique ou d’en déterminer les motivations exactes. Dans la capitale Amman et dans d’autres régions du pays, l’ambassade des États-Unis et les forces locales ont signalé un renforcement visible de la présence policière autour des ambassades étrangères et des centres commerciaux.

Condamnations régionales et appels à l’unité nationale

L’attaque a provoqué une onde de choc diplomatique et des condamnations unanimes de la part de nombreux gouvernements et organisations internationales. Des responsables et institutions de onze pays arabes, ainsi que la Ligue arabe et le Conseil des ministres de l’Intérieur arabes, ont exprimé leur solidarité totale avec Amman. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi, le président libanais Joseph Aoun, le ministère syrien des Affaires étrangères et les autorités irakiennes ont tour à tour fustigé une agression inacceptable visant la cohabitation pacifique et la stabilité de la Jordanie.

A member of security personnel stands outside Saint George’s Greek Orthodox Church, where gunmen opened fire during a
Photo : Reuters

Sur la scène internationale, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a condamné cet acte qu’il a qualifié de particulièrement odieux, rappelant par l’intermédiaire de son porte-parole Stéphane Dujarric que les lieux de culte et les civils doivent être protégés. L’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, a également réprouvé un attentat dépravé et brutal contre un lieu de culte, tandis que l’ambassade américaine sur place a présenté ses condoléances aux familles endeuillées.

L’enquête en cours et les zones d’ombre sur les auteurs

Alors que la Jordanie observe trois jours de deuil national décrétés par les autorités, l’enquête se poursuit à un rythme soutenu. Les forces de sécurité maintiennent un dispositif renforcé autour des zones touchées, tandis que les services de renseignement et de police recherchent activement les suspects aperçus sur les images de vidéosurveillance. Aucun groupe armé n’a revendiqué l’attentat dans les heures qui ont suivi, et les autorités rappellent qu’aucune conclusion hâtive ne doit être tirée quant à d’éventuelles ramifications extérieures tant que les investigations ne seront pas achevées.

Fusillade « takfiriste » : au moins 7 morts et 34 blessés à l'église d'al-Karak, en Jordanie

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