Le gouvernement du Sindh a officiellement sollicité l’Inter-Services Intelligence, le Bureau du renseignement, les Rangers du Sindh et l’Agence nationale d’enquête sur la cybercriminalité pour désigner des membres au sein d’une équipe conjointe d’enquête chargée de faire la lumière sur l’assassinat de l’entrepreneur Mir Raza Ali, survenu en juillet 2026.
La mise en place de cette nouvelle équipe d’enquête conjointe fait suite aux conclusions sévères d’une commission judiciaire. Dans un rapport de 62 pages rendu public le 15 octobre 2026, la commission dirigée par le juge de la Haute Cour du Sindh, Omar Sial, a qualifié l’enquête policière initiale de véritable échec retentissant, pointant du doigt des violations procédurales graves et une négligence coupable qui compromettent la manifestation de la vérité.
Les défaillances de l’enquête policière et la théorie du suicide écartée
Mir Raza Ali, un diplômé de l’IBA de 25 ans à la tête d’une entreprise de gaufres baptisée Wafflix, avait quitté son domicile du quartier de PECHS le 28 juillet 2026 aux premières heures de la journée à bord d’un taxi en ligne, avant d’être retrouvé sans vie le lendemain dans des buissons à Gulistan-i-Jauhar avec une blessure par balle.
Dès les premiers jours, les autorités avaient privilégié l’hypothèse d’un suicide en s’appuyant sur des messages textuels non confirmés, des vidéos parcellaires et un premier rapport d’autopsie. La commission judiciaire a balayé cette thèse, notant que la trajectoire de la balle, l’absence de sang, l’état du corps, les brûlures chimiques et la présence d’anesthésiques dans le sang excluent formellement un acte volontaire.
Le juge Omar Sial a déclaré que « cette affaire démontre un échec épique de la police dans son enquête ».
Le rapport souligne que la police a agi avec un manque flagrant de leadership et de supervision, un grand nombre d’agents autorisés et non autorisés ayant manipulé les indices et interrogé des témoins clés sans la moindre traçabilité documentaire.

La composition de la nouvelle équipe conjointe d’enquête et l’implication fédérale
Pour redresser le cours des investigations, le ministre de l’Intérieur du Sindh a annoncé que la nouvelle structure serait placée sous la supervision du West Deputy Inspector General of Police Irfan Baloch. Les courriers officiels adressés le 23 octobre demandent aux agences de désigner des officiers supérieurs de grade BS-18 au minimum pour intégrer le dispositif.
Parallèlement, l’exécutif provincial a saisi le ministère fédéral de l’Intérieur pour réclamer la constitution d’un comité distinct, dirigé cette fois par un cadre de l’Agence fédérale d’investigation de grade 20 ou supérieur, doté de compétences pointues en analyses numériques et criminalistique informatique portant sur les terminaux téléphoniques, les montres connectées et les données de cryptomonnaie.
Les sanctions administratives et l’exigence de réformes institutionnelles
L’impact de la commission se fait également ressentir au sein de l’appareil sécuritaire et médical. Le gouvernement provincial a demandé au chef de la police du Sindh d’engager des poursuites disciplinaires et des actions correctives à l’encontre des fonctionnaires reconnus coupables de manquement.
Le département de l’Intérieur a recommandé la révocation du Dr Osama Sheikh, l’officier médico-légal qui avait conduit la première autopsie, qualifiant son comportement initial d’immature et de puéril avant qu’un second examen ne vienne contredire ses conclusions. Un comité d’enquête distinct, mené par le responsable du département de contre-terrorisme Zulfiqar Ali Larik, a par ailleurs été mis en place pour évaluer l’implication des agents dans la destruction présumée de la scène de crime.
Alors que la famille, par l’intermédiaire de son conseil Jibran Nasir, réclame une application immédiate des recommandations pour briser l’impasse, les ministres provinciaux insistent sur la nécessité de restaurer la confiance publique envers les institutions tout en soulignant la complexité des affaires criminelles gérées par les forces de l’ordre locales.
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