Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026 : L’Italie renforce la sécurité face aux menaces et aux protestations
Milan, Italie – À la veille du coup d’envoi des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, le gouvernement italien a adopté un nouveau décret renforçant les pouvoirs de la police pour prévenir les troubles et détenir préventivement les suspects jusqu’à 12 heures. Cette mesure, approuvée par le cabinet de la Première ministre Giorgia Meloni, s’accompagne de 32 autres dispositions de sécurité, notamment l’interdiction de porter des armes blanches et l’exclusion des personnes condamnées pour terrorisme ou pillage des rassemblements publics.
L’annonce intervient dans un contexte de tensions croissantes, marqué par des manifestations prévues durant les premiers jours des Jeux. Des rassemblements sont notamment attendus en Piazza Leonardo da Vinci à Milan, l’une des villes hôtes, le jour de la cérémonie d’ouverture. Les manifestants dénoncent la présence d’agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) des États-Unis, une présence qui suscite une controverse grandissante en raison des politiques migratoires restrictives de l’administration Trump. Des protestations avaient déjà eu lieu le week-end précédent, appelant au départ des agents américains.
La décision du gouvernement italien s’inscrit dans une politique de fermeté affichée par Giorgia Meloni depuis son arrivée au pouvoir en 2022. Cependant, cette approche est critiquée par les organisations de défense des droits de l’homme, qui dénoncent une érosion des libertés civiles. En juin 2025, un précédent décret de sécurité avait déjà durci les règles concernant les manifestations, notamment en interdisant les blocages de routes et certaines formes de résistance passive.
Matteo Piantedosi, ministre de l’Intérieur italien, a défendu ce nouveau pouvoir de détention préventive, affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une atteinte à la liberté et que des lois similaires existaient dans d’autres pays. Il a souligné que la loi reposait sur des “preuves circonstancielles importantes” concernant la possibilité de crimes commis lors des manifestations, en référence aux violents affrontements qui ont éclaté à Turin.
Ces affrontements, survenus fin janvier, ont opposé la police à des manifestants protestant contre l’expulsion d’activistes de gauche du centre communautaire “Askatasuna”, occupé depuis des décennies selon des experts. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des manifestants lançant des pétards et attaquant des véhicules de police, tandis que les forces de l’ordre répondaient par des gaz lacrymogènes. Une vidéo, partagée par la Première ministre Meloni sur son compte X (anciennement Twitter), montre un agent de police agressé à coups de marteau.
Plus de 100 policiers ont été blessés lors de ces manifestations, et près de 30 personnes ont été arrêtées. Ces événements ont suscité l’indignation chez les partisans de la droite italienne et ont accéléré l’adoption du décret de sécurité.
Giorgia Meloni a déclaré sur les réseaux sociaux que ces mesures n’étaient pas ponctuelles, mais visaient à “protéger les citoyens et à permettre aux forces de police de travailler plus efficacement et en toute sécurité”. L’ancien Premier ministre Giuseppe Conte, leader de l’opposition, a quant à lui dénoncé une tentative du gouvernement d'”exploiter les événements de Turin pour étouffer la dissidence”, soulignant l’absence d’investissements dans les effectifs de police.
Les organisateurs des Jeux olympiques ont assuré être “prêts” à relever les défis sécuritaires, reconnaissant la complexité de l’événement, qui se déroulera sur un vaste territoire de près de 8 500 kilomètres carrés dans le nord de l’Italie. Un centre de commandement international sera opérationnel 24 heures sur 24 à partir du 6 février, coordonnant les efforts des forces de l’ordre déployées à Bolzano, Milan, Sondrio, Trente, Venise et Vérone.
Des mesures de sécurité renforcées seront mises en place, notamment des tireurs d’élite surveillant les “zones rouges” à haut risque, des unités cynophiles et des équipes de déminage, ainsi que des contrôles accrus dans les gares et aux frontières.
Par ailleurs, le gouvernement italien a annoncé avoir déjoué des cyberattaques attribuées à la Russie, pays interdit de participer officiellement aux Jeux. Tim Ayers, directeur de la division de coordination des grands événements du Service de sécurité diplomatique du Département d’État américain, a déclaré à Reuters que “nous ne suivons actuellement aucune menace crédible”.
Ces mesures de sécurité interviennent alors que l’Italie se prépare à accueillir le monde entier pour les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, un événement d’envergure mondiale qui représente un défi majeur en termes de sécurité et de logistique.
