Israël accusé de pulvérisation de glyphosate au Liban, Beyrouth porte plainte à l’ONU
AL-BUSTAN, Liban – Le Liban a annoncé son intention de porter plainte auprès du Conseil de sécurité des Nations unies après que des analyses ont confirmé qu’Israël a largué du glyphosate à haute concentration sur son territoire, près de la frontière, le 1er février. L’opération, qualifiée d'”attaque environnementale” par les autorités libanaises, intervient dans un contexte de tensions persistantes et de violations présumées de l’accord de cessez-le-feu conclu fin 2024.
Les analyses, menées par des équipes basées à Beyrouth, indiquent que l’armée israélienne a utilisé des avions pour pulvériser l’herbicide sur des zones proches du village d’Al-Bustan, dans le sud du Liban. Une capture d’écran d’une vidéo diffusée par l’ONG libanaise de protection de l’environnement Green Southerners, et largement partagée sur Instagram (@greensoutherners), montre ce qui semble être un avion israélien en train de disperser une substance.
[Intégrer ici le post Instagram de @greensoutherners si disponible, ou une image de capture d’écran de haute qualité]
L’armée israélienne a confirmé avoir informé la Force des Nations unies pour le Liban (FINUL) de son intention de pulvériser une “substance chimique non toxique” dans la zone frontalière. La FINUL a été contrainte d’interrompre ses activités et de mettre à l’abri ses contingents pendant plus de neuf heures.
Le glyphosate, un herbicide largement utilisé dans l’agriculture, est classé comme “probablement cancérogène pour l’homme” par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Son utilisation intensive peut entraîner une pollution des sols et de l’eau, avec des conséquences potentiellement graves pour la santé humaine et l’environnement.
Le Liban exprime de vives inquiétudes quant à la pollution accrue de ses sols, déjà fragilisés par des années de conflits et de crises économiques. La région sud du Liban, en particulier, est régulièrement soumise aux tirs israéliens, malgré l’accord de cessez-le-feu.
“Cette action est une violation flagrante de la souveraineté libanaise et une menace pour la santé de nos citoyens et l’intégrité de notre environnement”, a déclaré un porte-parole du ministère libanais de l’Environnement. “Nous allons saisir le Conseil de sécurité de l’ONU pour exiger des comptes à Israël et obtenir des garanties contre de nouvelles agressions.”
L’incident survient dans un contexte régional tendu, marqué par des affrontements sporadiques entre Israël et le Hezbollah libanais. Les Nations unies ont appelé à la prudence et à la désescalade, soulignant l’importance de respecter le cessez-le-feu et d’éviter toute action susceptible de compromettre la stabilité de la région.
Selon les données de l’ONU, le Liban compte parmi les pays les plus touchés par la pollution environnementale au Moyen-Orient, en raison des conflits armés, de la gestion inadéquate des déchets et du manque de ressources pour la protection de l’environnement. L’utilisation de produits chimiques potentiellement dangereux comme le glyphosate aggrave encore cette situation.
L’affaire est susceptible de relancer le débat sur l’utilisation de produits chimiques en temps de conflit et sur la nécessité de renforcer les mécanismes de protection de l’environnement dans les zones de guerre. Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait examiner la plainte libanaise dans les prochains jours.
