Guerre Iran-États-Unis : Trump annonce un possible accord, Téhéran dément
WASHINGTON – La guerre entre les États-Unis et l’Iran, entrée dans sa quatrième semaine, pourrait connaître un dénouement inattendu. Le président Donald Trump a annoncé lundi être en « véritable possibilité de parvenir à un accord », tout en prolongeant une échéance qu’il avait fixée pour bombarder des centrales électriques iraniennes. Ces déclarations contrastent vivement avec le démenti catégorique des autorités iraniennes, qui accusent Washington de manipulation des marchés financiers et de désinformation.
Lundi, Trump a affirmé que des « conversations très bonnes et productives » étaient en cours, justifiant ainsi le report de frappes prévues sur des infrastructures énergétiques iraniennes. Il avait auparavant menacé d’« oblitérer » les centrales iraniennes si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert aux navires.
L’annonce a provoqué une chute des prix du pétrole, une évolution que Trump a d’ailleurs soulignée : « Le prix du pétrole va chuter comme une pierre dès qu’un accord sera conclu. Je crois qu’il le fait déjà aujourd’hui. »
Cependant, les responsables iraniens rejettent en bloc l’existence de négociations directes. Mohammad Bagher Qalibaf, le président du parlement iranien, a dénoncé sur X (anciennement Twitter) une « fausse nouvelle » destinée à manipuler les marchés et à masquer les difficultés américaines et israéliennes. Le ministère iranien des Affaires étrangères a également nié tout dialogue avec l’administration Trump, qualifiant les propos de ce dernier de tentative de rassurer les marchés et de « gagner du temps » pour préparer des opérations militaires.
L’Oman, qui avait joué un rôle de médiateur entre Téhéran et Washington avant le déclenchement du conflit, s’efforce de rétablir un passage sécurisé dans le détroit d’Ormuz. Son ministre des Affaires étrangères, Badr Albusaidi, a souligné sur X que cette guerre « n’est pas de leur fabrication » et qu’elle engendre déjà de graves problèmes économiques, qui risquent de s’aggraver.
Le conflit a déjà fait plus de 2 000 morts et ébranlé l’économie mondiale, avec des attaques ciblant des installations pétrolières et gazières ainsi que des infrastructures civiles dans la région.
Trump a également affirmé que son envoyé spécial pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, et son gendre, Jared Kushner, étaient directement impliqués dans des discussions avec des représentants iraniens, qui se poursuivaient lundi. Il a précisé que ces négociations étaient compliquées par la mort de nombreux dirigeants iraniens, dont l’ancien guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, mais que ses émissaires s’entretenaient avec un « personnage de premier plan » qu’il considère comme le plus respecté du pays. Il a cependant précisé que ce responsable n’était pas l’ayatollah Mojtaba Khamenei, successeur de son père, et a même exprimé des doutes quant à sa survie.
Face aux doutes sur la sincérité des négociations, Trump a suggéré que les difficultés de communication du côté iranien pourraient être dues à la destruction de leurs réseaux de télécommunications. Il a affirmé avoir déjà trouvé 15 points d’accord avec l’Iran, notamment l’abandon de tout programme nucléaire, la remise de l’uranium enrichi iranien aux États-Unis et un contrôle conjoint du détroit d’Ormuz.
En cas d’échec des négociations, Trump a prévenu qu’il continuerait à « bombarder à cœur joie ».
Cette pause dans la menace de frappes sur les infrastructures énergétiques a été accueillie favorablement à l’échelle internationale, mais les craintes persistent quant aux perturbations de la circulation pétrolière dans le détroit d’Ormuz. Kaja Kallas, la chef de la politique étrangère de l’Union européenne, a mis en garde contre les attaques sur les infrastructures, qui provoquent un « chaos dans la région et intensifient encore davantage cette guerre ».
Fatih Birol, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, a souligné que 40 actifs énergétiques dans neuf pays avaient déjà été « gravement ou très gravement endommagés », et que « aucun pays ne sera à l’abri des effets de cette crise si elle se poursuit dans cette direction ». Mirjana Spoljaric, la présidente du Comité international de la Croix-Rouge, a rappelé que les attaques délibérées sur les services essentiels et les infrastructures civiles peuvent constituer des crimes de guerre.
Trump a affirmé qu’Israël « sera très heureux » de l’accord en cours de négociation, car il garantira une « paix à long terme » pour son allié. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que Trump lui avait indiqué qu’il existait une « chance » d’accord basé sur la satisfaction des objectifs de guerre américains, mais qu’Israël continuerait à frapper des cibles en Iran et au Liban, avec d’autres opérations à venir.
Parallèlement à ces efforts diplomatiques, les États-Unis renforcent leur présence militaire dans la région, avec l’envoi de trois navires de guerre et de 2 500 Marines supplémentaires. Ce déploiement a suscité des critiques de la part des démocrates américains, dont le sénateur Adam Schiff, qui a dénoncé le risque d’une « nouvelle guerre sans fin ». Trump a refusé de commenter ce déploiement, affirmant qu’il ne révélerait pas de détails sur la stratégie américaine.
