TÉHÉRAN (AP) — Malgré les frappes américano-israéliennes en cours, des milliers d’Iraniens ont défilé vendredi dans le centre de Téhéran pour marquer le Jour d’Al-Qods, une journée de solidarité annuelle avec les Palestiniens. La démonstration de force, à laquelle ont participé le président iranien Masoud Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, a été interprétée comme un défi direct aux pressions extérieures.
Des vidéos diffusées en ligne montrent M. Araghchi marchant au milieu de la foule, agitant des drapeaux, et déclarant que le rassemblement massif, non seulement à Téhéran mais aussi dans toutes les villes d’Iran, démontrait la détermination du peuple iranien à soutenir la République islamique, Jérusalem et la Palestine. “Nous obligerons nos ennemis à reconnaître la force du peuple iranien”, a-t-il affirmé.
Le chef de la justice iranienne, Gholam Hossein Mohseni-Ejei, a également été aperçu dirigeant une prière pendant le rassemblement. Un bruit sourd, vraisemblablement dû à une nouvelle frappe américaine ou israélienne, a interrompu son discours. Malgré cela, il a continué, affirmant que le peuple iranien n’était pas intimidé par les attaques et qu’il continuerait à résister.
L’absence du nouveau Guide suprême, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a suscité des interrogations, des rumeurs circulant cette semaine sur de possibles blessures graves suite à la frappe qui a tué son père, l’ancien Guide suprême, le 28 février. Cependant, des observateurs soulignent qu’il est inhabituel pour le Guide suprême de participer à des rassemblements publics de cette nature.
Le Jour d’Al-Qods, célébré le dernier vendredi du mois sacré du ramadan, est une tradition établie en Iran depuis près de 50 ans. Cette année, le rassemblement prend une signification particulière en raison du contexte de tensions régionales et des frappes en cours. Les responsables iraniens ont clairement indiqué que ces attaques n’avaient pas ébranlé la théocratie au pouvoir.
Selon les médias d’État iraniens, au moins une personne a été tuée lors d’explosions survenues près de la manifestation à Téhéran. Les circonstances exactes de ces explosions n’ont pas été immédiatement précisées.
