Tensions croissantes avec l’Iran : Washington prépare des opérations militaires prolongées, selon des sources
WASHINGTON (AP) – L’administration Trump prépare activement des plans pour des opérations militaires prolongées contre l’Iran, potentiellement sur plusieurs semaines, si le président Trump donne l’ordre d’une attaque. Cette révélation, faite par deux responsables américains sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité des préparatifs, soulève des inquiétudes quant à une escalade significative des tensions entre les deux pays.
Alors que des négociations diplomatiques sont en cours, avec l’envoi d’émissaires américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, à Genève ce mardi avec la médiation d’Oman, la rhétorique et les actions de Washington suggèrent une approche plus agressive. Le secrétaire d’État Marco Rubio a reconnu la difficulté d’obtenir un accord avec Téhéran, tandis que le président Trump a ouvertement évoqué la possibilité d’un changement de régime en Iran, affirmant qu’il y a “des gens” prêts à prendre le relais.
Ces derniers jours, l’administration Trump a renforcé sa présence militaire dans la région. Le Pentagone a annoncé l’envoi d’un porte-avions supplémentaire au Moyen-Orient, accompagné de milliers de soldats, d’avions de chasse, de destroyers lance-missiles et d’autres équipements militaires. Cette accumulation de forces, combinée aux déclarations du président, alimente les craintes d’une action militaire imminente.
L’expérience américaine récente en matière d’intervention militaire, notamment la tentative de déstabilisation du gouvernement vénézuélien de Nicolas Maduro, montre une volonté d’utiliser des forces spéciales pour atteindre des objectifs politiques. Cependant, les experts soulignent que les risques d’une opération militaire contre l’Iran sont considérablement plus élevés, en raison de l’arsenal de missiles sophistiqué de Téhéran et du potentiel de représailles régionales.
Un responsable américain a indiqué que les plans actuels envisagent des frappes non seulement contre les infrastructures nucléaires iraniennes, mais également contre des installations et des forces de sécurité. Cette perspective, si elle se concrétisait, pourrait entraîner une escalade rapide et imprévisible du conflit.
L’Iran a déjà averti qu’il répondrait à toute attaque sur son territoire en ciblant des bases militaires américaines dans la région, notamment celles situées en Jordanie, au Koweït, en Arabie saoudite, au Qatar, à Bahreïn, aux Émirats arabes unis et en Turquie.
L’influence de l’allié américain, Israël, est également à prendre en compte. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rencontré le président Trump à Washington cette semaine, insistant sur la nécessité d’inclure des éléments essentiels à la sécurité d’Israël dans tout accord potentiel avec l’Iran.
L’opposition iranienne en exil, représentée par l’ancien prince héritier Reza Pahlavi, encourage Washington à ne pas s’enliser dans de longues négociations et à envisager une intervention militaire pour soutenir un changement de régime. Pahlavi estime que le gouvernement iranien est au bord de l’effondrement et qu’une attaque pourrait accélérer sa chute.
[Image de Reza Pahlavi : https://www.rte.ie/images/0023e516-614.jpg?ratio=1.78]
Légende : Reza Pahlavi, fils de l’ancien Shah d’Iran, lors d’une manifestation à Munich.
La Maison Blanche, par la voix de sa porte-parole Anna Kelly, a confirmé que le président Trump “a toutes les options sur la table” concernant l’Iran, tout en soulignant qu’il prendra la décision finale en fonction de l’intérêt national américain. Le Pentagone s’est refusé à tout commentaire.
L’opération “Midnight Hammer” de juin dernier, une attaque américaine ciblée contre des installations nucléaires iraniennes, avait été suivie d’une riposte limitée de l’Iran contre une base américaine au Qatar. Les préparatifs actuels, cependant, sont plus vastes et complexes, suggérant une volonté de Washington d’engager une campagne militaire plus soutenue.
Les tensions actuelles s’inscrivent dans un contexte de désaccord persistant sur le programme nucléaire iranien, ses programmes de missiles balistiques et sa politique régionale. Le président Trump a régulièrement menacé de bombarder l’Iran, qualifiant l’alternative d’une solution diplomatique de “très traumatisante”.
L’impact potentiel d’un conflit à grande échelle avec l’Iran est considérable, non seulement pour la région du Moyen-Orient, mais aussi pour l’économie mondiale et la sécurité internationale. Les experts mettent en garde contre le risque d’une escalade incontrôlable et appellent à la prudence et à la diplomatie.
