Les États-Unis ont exigé la dissolution de la marine iranienne lors des négociations, révèle un ancien envoyé
Genève – Lors de négociations récentes, les États-Unis ont posé une exigence radicale à l’Iran : la dissolution complète de sa marine, a révélé Steve Witkoff, ancien envoyé spécial de l’administration Trump, dans une interview accordée à Fox News. Cette demande, qui visait à garantir la « liberté des mers » et à prévenir la fermeture du détroit d’Ormuz, a été dénoncée comme étant irréaliste par les négociateurs iraniens, selon Witkoff.
L’ancien envoyé, accompagné de Jared Kushner, a affirmé avoir été chargé par l’ancien président Trump de déterminer si Téhéran était réellement disposé à parvenir à un accord répondant aux objectifs américains. Outre la dissolution de la marine iranienne, les négociations auraient porté sur l’arrêt du soutien iranien aux groupes « proxies », une demande que Witkoff compare à une demande d’isolement diplomatique pour les États-Unis eux-mêmes.
« Nous sommes allés là-bas pour tenter de parvenir à un accord équitable, mais il est rapidement devenu clair que cela était impossible », a déclaré Witkoff.
Cependant, cette version des faits est contestée par l’Iran et Oman, qui ont tous deux affirmé que les négociations progressaient de manière positive avant les frappes américano-israéliennes de samedi dernier. Le ministre omanien des Affaires étrangères, Badr bin Hamad Al Busaidi, a souligné que « un accord de paix est à portée de main… si nous laissons simplement la diplomatie suivre son cours ».
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’est dit « confus » par les frappes, affirmant que « tout le monde était satisfait » après la dernière session de négociations jeudi.
Cette révélation intervient dans un contexte de tensions croissantes dans la région, notamment en raison des attaques iraniennes contre des navires dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce pétrolier mondial. L’administration Trump avait déjà exprimé son souhait de voir la marine iranienne « totalement détruite » dans le cadre d’une éventuelle guerre avec l’Iran.
Witkoff a également affirmé que l’Iran disposait de suffisamment d’uranium enrichi pour fabriquer 11 bombes nucléaires avant les frappes de samedi. Cette affirmation est cependant contredite par Rafael Grossi, le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui a déclaré lundi qu’il n’y avait aucune preuve d’un programme systématique de fabrication d’armes nucléaires. Un rapport des services de renseignement américains de mars dernier confirmait également que l’Iran n’avait pas cherché à développer une arme nucléaire depuis plus de 20 ans.
Cette situation rappelle, selon certains observateurs, la stratégie employée par l’administration Biden lors des négociations de cessez-le-feu à Gaza, où des exigences maximalistes israéliennes ont été présentées comme des obstacles à un accord, alors que des responsables américains étaient conscients de leur nature obstructive.
L’article original a été publié par Truthout et est disponible ici.
