Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Ghaqaei, a affirmé ce lundi 15 juin 2026 que le respect de la souveraineté du Liban constitue un pilier central du mémorandum d’entente avec les États-Unis, contredisant la volonté d’Israël de maintenir des zones de sécurité permanentes le long de ses frontières.
Divergence entre la souveraineté libanaise et les zones de sécurité israéliennes
Le contenu du futur accord régional fait l’objet d’une bataille sémantique intense. Selon le porte-parole iranien Esmaeil Ghaqaei, la mention du Liban à trois reprises dans le texte du mémorandum souligne l’importance stratégique de ce pays dans le processus de réconciliation. Il a précisé que l’engagement international repose sur une garantie de l’intégrité territoriale libanaise.
Cette vision est en opposition frontale avec la doctrine de sécurité israélienne. Le ministre de la Défense, Israël Katz, a déclaré que l’armée israélienne (Tsahal) ne quitterait pas le Liban, la Syrie ou Gaza, et ce, sans limite de temps. Pour le gouvernement israélien, le contrôle du terrain est une nécessité absolue pour protéger les communautés frontalières contre les acteurs djihadistes.

“Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et moi menons une politique claire qui stipule que Tsahal restera dans les zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza — sans limite de temps — afin de protéger la frontière et les colonies israéliennes contre les acteurs djihadistes.
Le ministre a également insisté sur la nécessité de transformer physiquement ces zones de contact.
“Le terrain sera dégagé de ses habitants locaux et de toutes les infrastructures terroristes, sous et au-dessus du sol — y compris les maisons des villages de contact qui servaient de postes terroristes — seront détruites. C’est la principale leçon des événements du 7 octobre.
L’incertitude diplomatique américaine et la question du détroit d’Ormuz
Malgré l’optimisme de certains, la signature de l’accord semble encore suspendue à des détails techniques complexes. Le vice-président américain JD Vance a reconnu lors d’un entretien à CNBC que de nombreux points doivent encore être réglés, tout en soulignant qu’Israël conserverait une place à la table des négociations pour un "nouveau Moyen-Orient".
Parallèlement aux négociations politiques, une stabilisation économique et maritime semble se dessiner. Les États-Unis pourraient libérer des actifs gelés dans le cadre de ce processus. Sur le plan maritime, le président Donald Trump a annoncé via son réseau Truth Social que les navires pétroliers commençaient à circuler en toute sécurité hors du détroit d’Ormuz, empruntant la voie sud.
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- **Iran** : Exige des garanties de souveraineté pour le Liban et la libération d’actifs.
- **États-Unis** : Agissent comme médiateurs, avec une volonté de sécuriser les routes pétrolières.
- **Israël** : Conditionne toute stabilité à un contrôle militaire durable des zones de sécurité.
- **Oman** : Collaborateur clé pour la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz.
La position du Hezbollah et les exigences de Beyrouth
Sur le terrain libanais, le Hezbollah surveille étroitement l’évolution de la diplomatie entre Téhéran et Washington. Selon des informations rapportées par Reuters et reprises par Haaretz, l’organisation affirme que l’Iran a volontairement ralenti le processus pour s’assurer qu’Israël respecte un cessez-le-feu et ne menace pas la souveraineté libanaise.

Le Hezbollah a officiellement salué les progrès, tout en posant une condition non négociable : aucun retour au statu quo précédant le 2 mars n’est acceptable. L’organisation demande également aux résidents du sud du Liban de ne pas regagner leurs foyers avant l’émission d’instructions officielles.
Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a rejoint ces appels à la vigilance. Lors d’une réunion du gouvernement, il a réitéré l’objectif de Beyrouth : utiliser les négociations à Washington pour obtenir un retrait israélien total du territoire libanais et la libération des prisonniers.
En coulisses, la diplomatie régionale s’active pour soutenir cette transition. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a multiplié les échanges téléphoniques avec ses homologues de Turquie, d’Irak et d’Égypte pour coordonner la mise en œuvre de l’accord et insister sur la responsabilité des États-Unis dans l’arrêt des hostilités contre le Liban.
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