Tension croissante au Moyen-Orient : le prix du pétrole au bord du précipice
Washington – Une escalade militaire américaine sans précédent depuis l’invasion de l’Irak en 2003, concentrée sur l’Iran, pourrait entraîner une volatilité extrême des prix à la pompe, oscillant entre 2,50 $ et 5 $ le gallon, selon des analyses récentes. La situation, décrite comme “plus alarmante” qu’il y a un an, est centrée sur le détroit d’Ormuz, voie maritime cruciale pour l’approvisionnement mondial en pétrole.
Ce détroit étroit de 160 kilomètres, séparant le golfe Persique de l’océan Indien, est le point de transit de près de 20 millions de barils de pétrole par jour, provenant principalement d’Arabie saoudite, d’Irak, d’Iran, du Koweït et des Émirats arabes unis. Une interruption de ce flux pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l’économie mondiale.
“Les enjeux sont énormes”, souligne Dan Pickering, fondateur de Pickering Energy Partners, une firme de conseil et de recherche spécialisée dans l’énergie. “Le plus grand risque de perturbation viendrait d’Iran, si le régime se sent acculé et n’a plus rien à perdre.”
Un risque de blocage accru
Les experts s’accordent à dire que, historiquement, les conflits au Moyen-Orient ont évité de cibler directement les infrastructures pétrolières. Cependant, la situation actuelle est différente. L’Iran, confronté à une pression interne croissante due aux troubles civils et à l’absence de perspectives d’un nouveau traité nucléaire – après le retrait américain de l’accord de 2018 – pourrait être tenté de prendre des mesures désespérées.
Matt Reed, vice-président de Foreign Reports, une société de conseil géopolitique et énergétique, met en garde : “L’Iran est infiniment plus désespéré aujourd’hui. Il est confronté à une lutte existentielle, ce qui le rend plus enclin à réagir violemment, ne serait-ce que pour augmenter le coût d’une intervention américaine.”
Un scénario plausible, selon Reed, serait un blocage du détroit d’Ormuz par des mines ou des bombardements, ou encore une attaque contre les voisins de l’Iran, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. “Si le Guide suprême (l’ayatollah Ali Khamenei) décide qu’il s’agit d’une lutte pour la survie du régime, toutes les règles sont brisées”, prévient-il.
L’influence de Trump et les dynamiques de l’OPEP
Le président Donald Trump, conscient de l’impact potentiel sur l’économie américaine en année électorale, semble privilégier une solution diplomatique. Son objectif affiché est de ramener le prix du pétrole américain à 50 $ le baril, ce qui se traduirait par un prix à la pompe d’environ 2,50 $ le gallon.
Cependant, la situation est complexe. L’OPEP, sous l’impulsion de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, envisage d’augmenter sa production, ce qui pourrait partiellement compenser une perturbation militaire limitée.
Impacts potentiels sur les prix
Le prix du pétrole de référence américain se situait à plus de 66 $ le baril le 20 février, déjà en hausse de près de 10 $ en raison des tensions avec l’Iran. Pickering estime que ce supplément de prix reflète une probabilité d’environ 25 % d’un conflit majeur au Moyen-Orient.
Les scénarios envisagés sont les suivants :
- Conflit limité : Hausse du prix du pétrole de 15 à 20 $ le baril, dépassant les 80 $.
- Blocage du détroit d’Ormuz : Flambée du prix du pétrole au-dessus de 100 $ le baril, entraînant un prix à la pompe potentiellement supérieur à 5 $ le gallon.
- Accord diplomatique : Baisse du prix du pétrole en dessous de 60 $ le baril, voire jusqu’à 50 $ si les sanctions contre l’Iran sont levées et que le pays peut exporter davantage de pétrole.
Claudio Galimberti, économiste en chef de Rystad Energy, insiste sur le fait qu’un blocage du détroit d’Ormuz est “tout simplement insoutenable” à long terme pour les marchés énergétiques mondiaux.
Un risque d’escalade élevé
Malgré les efforts diplomatiques, les perspectives d’une percée sont minces. Les deux parties semblent campées sur leurs positions, répétant les mêmes arguments qu’il y a un an.
“Tout le monde dans le monde veut éviter de bloquer le détroit d’Ormuz”, conclut Galimberti. “Mais une erreur, un bombardement accidentel, ou un acte désespéré de l’Iran pourrait changer la donne.”
Pickering renchérit : “La capacité de l’Iran à semer le chaos est élevée si le pays décide de franchir le pas. C’est un pas important, car cela reviendrait à provoquer l’ours.” Il rappelle que l’Iran s’est abstenu de cibler les infrastructures pétrolières même lorsque des bombes tombaient sur son territoire en juin dernier, mais la situation actuelle est plus volatile.
[Intégration potentielle d’un tweet récent d’un analyste géopolitique sur la situation au Moyen-Orient : @GeopoliticsExpert – “The situation in the Strait of Hormuz is increasingly precarious. A miscalculation could have global economic consequences. #Iran #MiddleEast #OilPrices”]
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