Tensions montent au Moyen-Orient : le détroit d’Ormuz fermé, le pétrole flambe et les frappes israéliennes s’intensifient sur Téhéran
Téhéran, Iran – Le Moyen-Orient est au bord du gouffre. La fermeture du détroit d’Ormuz, artère vitale pour le commerce mondial du pétrole et du gaz, combinée à une escalade des frappes israéliennes sur la capitale iranienne, Téhéran, plonge la région dans une crise aux répercussions internationales. Le prix du baril de pétrole Brent a dépassé les 100 dollars, signe avant-coureur de perturbations économiques majeures.
Mojtaba Khamenei, nouveau guide suprême d’Iran suite à l’assassinat de son père, a averti dans sa première déclaration que les attaques contre Israël et les actifs militaires américains au Moyen-Orient se poursuivront tant que les bases hébergeant des forces américaines dans la région ne seront pas fermées. Cette rhétorique incendiaire coïncide avec une "vague extensive" d’attaques aériennes israéliennes sur Téhéran, laissant la ville enveloppée de fumée.
La fermeture du détroit d’Ormuz, contrôlé par l’Iran et Oman, est un coup dur pour l’approvisionnement énergétique mondial. Téhéran affirme contrôler le détroit et interdit le passage aux navires liés aux États-Unis et à Israël, exigeant une autorisation préalable pour les autres.
Répliques régionales et inquiétudes humanitaires
L’Iran a lancé des vagues de drones et de missiles sur les pays du Golfe abritant des bases militaires américaines, ciblant également des pétroliers et des installations pétrolières. Bahreïn a intercepté 114 missiles et 190 drones depuis le début des hostilités, le 28 février. L’Arabie saoudite a également intercepté des drones, tandis que les Émirats arabes unis ont dénoncé des frappes sur l’aéroport international de Dubaï et des hôtels.
Les conséquences humanitaires s’aggravent. L’ambassadeur d’Iran auprès des Nations Unies, Amir Saeid Iravani, a déclaré qu’au moins 1 348 civils ont été tués, dont des enfants de quelques mois à 88 ans. L’Australie a ordonné le départ de ses fonctionnaires non essentiels des Émirats arabes unis et d’Israël, exhortant ses citoyens à quitter la région tant que cela est possible. Le Qatar a fermé son espace aérien et a mis en place plus de 140 vols spéciaux pour rapatrier les résidents et les citoyens bloqués.
Washington sous pression
Aux États-Unis, le président Donald Trump a affirmé que la guerre contre l’Iran se déroulait "très rapidement" et que l’armée américaine était "sans égal". Cependant, plus de 250 organisations américaines ont signé une lettre appelant le Congrès à suspendre le financement de la guerre, soulignant que les 11,3 milliards de dollars dépensés en six jours seulement détournent des fonds essentiels des besoins nationaux. Le sénateur Lindsey Graham a minimisé la possibilité d’un déploiement de troupes américaines en Iran, mais a prévenu que le conflit pourrait durer longtemps.
Situation au Liban et en Irak
Un avion ravitailleur américain KC-135 s’est écrasé dans l’ouest de l’Irak. Si la Résistance islamique en Irak a revendiqué l’attaque, le commandement central américain (CENTCOM) affirme qu’il s’est produit dans un "espace aérien ami" et n’était pas dû à un tir ennemi. L’Irak a fermé ses ports après la mort d’un membre d’équipage indien lors d’une attaque contre un pétrolier appartenant aux États-Unis.
Au Liban, des frappes israéliennes continuent de s’abattre sur le sud du pays, causant des pertes civiles importantes et un déplacement massif de populations. Au moins 687 personnes ont été tuées dans les attaques israéliennes au Liban depuis le lundi dernier, dont 98 enfants. On estime que 700 000 à 750 000 personnes ont été déplacées de leurs foyers.
La situation reste extrêmement volatile et l’issue de ce conflit est incertaine. Le monde observe avec inquiétude l’escalade des tensions au Moyen-Orient et ses potentielles conséquences économiques et humanitaires.
