Home InternationalIrak : Nouri al-Maliki pressenti pour le poste de Premier ministre

Irak : Nouri al-Maliki pressenti pour le poste de Premier ministre

Maliki de nouveau en lice pour le poste de Premier ministre irakien, ouvrant la voie à des négociations complexes

BAGDAD – Nouri al-Maliki, ancien Premier ministre irakien, a été désigné par l’alliance de blocs politiques chiites majoritaires au Parlement irakien pour occuper à nouveau ce poste, a annoncé l’alliance samedi. Cette décision intervient à un moment crucial pour l’Irak, alors que le pays cherche à former un nouveau gouvernement capable de naviguer dans un paysage politique complexe, marqué par l’influence rivale des États-Unis et de l’Iran.

La nomination de Maliki, figure de proue du parti islamiste chiite Dawa, ouvre la voie à des négociations ardues pour la formation d’un gouvernement de coalition. L’Irak doit trouver un équilibre délicat entre les intérêts de ses alliés internationaux, tout en gérant une multitude de groupes armés, souvent liés à l’Iran, qui exercent une influence considérable sur le terrain. Washington pousse activement à la désarmement de ces milices, ce qui ajoute une couche supplémentaire de complexité au processus.

Selon la Constitution irakienne, le Parlement doit élire un président dans les 30 jours suivant sa première session, qui s’est tenue le 29 décembre. Le président désignera ensuite le plus grand bloc parlementaire pour former un gouvernement. L’alliance chiite, connue sous le nom de Coordination Framework, a justifié son choix en soulignant “l’expérience politique et administrative” de Maliki ainsi que son “rôle dans la gestion de l’État”.

Maliki a déjà occupé le poste de Premier ministre de 2006 à 2014, une période marquée par une violence sectaire intense, des tensions croissantes avec les États-Unis et des luttes de pouvoir avec les factions sunnites et kurdes. Son retour au premier plan politique suscite des réactions mitigées, certains le considérant comme un leader expérimenté capable de stabiliser le pays, tandis que d’autres le critiquent pour son style de gouvernance jugé sectaire et autoritaire.

Un homme de compromis ?

Âgé de 75 ans, Maliki est un acteur central de la politique irakienne depuis l’invasion américaine de 2003. Il a passé près de 25 ans en exil, s’opposant au régime de Saddam Hussein, avant de revenir en Irak après la chute de ce dernier. Durant son exil, il a vécu en Iran et en Syrie, où il a contribué à la coordination des opérations de résistance contre le régime de Saddam.

Maliki a réussi, au fil des ans, à naviguer entre les intérêts divergents de l’Iran et des États-Unis, ce qui lui a valu une réputation de pragmatisme et de capacité à forger des alliances. Cependant, son mandat a également été entaché par des accusations de corruption et de favoritisme, ainsi que par une gestion critiquée de la sécurité du pays, notamment lors de l’offensive fulgurante de l’État islamique (EI) en 2014.

L’incapacité de Maliki à empêcher la prise de Mossoul par l’EI a conduit à sa destitution en 2015, mais il est resté une figure influente au sein de la scène politique irakienne, dirigeant la Coalition de l’État de droit et participant activement à la formation de nouvelles alliances gouvernementales.

Un contexte régional tendu

La nomination de Maliki intervient dans un contexte régional particulièrement tendu, avec des conflits persistants en Syrie et au Yémen, et des tensions croissantes entre l’Iran et les États-Unis. L’Irak, en tant que pays voisin de l’Iran et allié des États-Unis, se trouve au cœur de ces dynamiques régionales.

La capacité du nouveau gouvernement irakien à maintenir un équilibre entre ces forces rivales sera cruciale pour la stabilité du pays et de la région. Les États-Unis insistent sur la nécessité de réduire l’influence iranienne en Irak, tandis que l’Iran cherche à préserver ses intérêts et à soutenir ses alliés chiites.

La formation d’un gouvernement inclusif, capable de répondre aux préoccupations de toutes les communautés irakiennes, sera également essentielle pour éviter une nouvelle escalade de la violence sectaire. L’Irak est confronté à de nombreux défis, notamment la reconstruction du pays après des décennies de guerre, la lutte contre la corruption et la création d’emplois pour une population jeune et croissante.

La nomination de Maliki marque le début d’une nouvelle phase dans la politique irakienne, et l’issue de ce processus déterminera l’avenir du pays pour les années à venir.

Image d’archive de Nouri al-Maliki votant en 2014, crédit AP Photo

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.