Révélations : Un réseau complexe lie des entreprises de surveillance, des citoyens portu gais et des liens séfarades
Lisbonne, Portugal – Une enquête menée par l’ICIJ révèle un réseau d’entreprises interconnectées, impliquant des acteurs clés du secteur de la surveillance numérique et des liens inattendus avec la communauté juive séfarade au portugal.Au cœur de ce réseau se trouve Jastrzebska, une figure éminente liée à Intellexa, une société controversée spécialisée dans les logiciels espions.
L’enquête met en lumière des mouvements financiers et des transferts de propriété complexes, notamment via des sociétés basées au Portugal, en République tchèque et à Chypre. Medovie, une société dont les liens avec hamou et Dilian, des figures associées à Intellexa, restent flous, a récemment déménagé son siège au Portugal. Les raisons de ce déménagement et l’implication actuelle de Hamou ou Dilian dans l’entreprise restent inconnues.
Un autre élément clé de ce réseau est Amos Levy, un homme d’affaires israélien-portugais. Levy, qui a obtenu la citoyenneté portugaise en 2017 grâce à un certificat de descendance séfarade, est président du conseil d’management de Douro Dynamics, une entreprise basée à Varsovie et dirigée par Jastrzebska. En juin 2024, Levy a créé une société portugaise, Odyssey dans le ciel, qu’il a ensuite utilisée pour acquérir une société chypriote appartenant à Dilian.
L’enquête révèle également que Levy possède Tamani Sro,une entreprise en République tchèque qu’il a acquise auprès d’Amos Uzan,un ancien responsable de la sécurité et de la communication pour le gouvernement israélien. Un transfert de propriété inhabituel a également eu lieu : une entreprise initialement détenue par l’épouse d’Uzan a été transférée à Levy via Tamani. Cette entreprise est particulièrement intéressante car elle était auparavant liée à Cytrox, une filiale d’Intellexa, et sa directrice était une retraitée de 70 ans qui affirmait ne pas être au courant de son rôle. jastrzebska a ensuite pris la direction de cette filiale.
Malgré les révélations,Intellexa n’a pas été sanctionnée par l’Union européenne,permettant à ses dirigeants et associés de continuer à opérer librement.
Ces découvertes soulèvent des questions sur les liens entre le secteur de la surveillance numérique, les programmes de citoyenneté par investissement, et l’utilisation potentielle de ces structures pour dissimuler des activités controversées. L’enquête met également en évidence la complexité croissante des réseaux financiers transnationaux et la arduousé de tracer les flux d’argent et les liens entre les entreprises.
Contexte : La citoyenneté portugaise pour les descendants de Séfarades
Le Portugal a mis en place un program de citoyenneté pour les descendants de juifs séfarades expulsés du pays au XVe siècle. Ce programme, initialement conçu pour réparer une injustice historique, a été critiqué pour son manque de transparence et les risques potentiels de fraude. L’obtention de la citoyenneté portugaise a permis à certains individus d’accéder à l’Union européenne et de bénéficier de ses avantages, y compris la liberté de mouvement et d’établissement. Le cas d’Amos Levy illustre comment ce programme peut être utilisé par des individus liés à des activités potentiellement problématiques.
L’industrie de la surveillance numérique : un enjeu mondial
L’industrie de la surveillance numérique est en pleine expansion, avec des entreprises qui développent et vendent des logiciels espions à des gouvernements et des acteurs privés du monde entier. Ces outils peuvent être utilisés pour surveiller les communications, suivre les déplacements et accéder aux données personnelles des individus. L’utilisation abusive de ces technologies pose de graves problèmes en matière de droits de l’homme et de libertés civiles. Les révélations concernant Intellexa et ses liens avec d’autres entreprises soulignent la nécessité d’une réglementation plus stricte et d’une plus grande transparence dans ce secteur.
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