Près de deux semaines après la crue meurtrière du 26 août dans l’Himalaya, les secours poursuivent leurs recherches de survivants au Népal et en Chine. Le bilan officiel dépasse 1.384 morts et des milliers de disparus, tandis que les Nations unies lancent un appel d’urgence de 50 millions de dollars.
Douze jours après le drame, les équipes de secours continuent d’extraire la boue et les débris à la recherche de survivants, galvanisées par quelques sauvetages miraculeux survenus dans les zones touchées. Vendredi et samedi, trois personnes, comprenant deux ouvriers népalais et un citoyen chinois, ont été retrouvées vivantes dans des tunnels ensevelis de sites hydroélectriques. Une sexagénaire a également été sauvée des décombres de sa maison détruite.
Un des ouvriers sauvés a rapporté qu’il était accompagné de 40 à 50 personnes lorsqu’il a rejoint le tunnel où il est resté prisonnier neuf jours. Les autorités ont estimé qu’une centaine de personnes pourraient toujours s’y trouver. Au Népal, les autorités étaient toujours sans nouvelles d’environ 900 agents ou ouvriers présents dans des centrales électriques ou des chantiers de barrages lors du désastre.
Les opérations de sauvetage face aux défis du terrain au Népal
Les secours toujours à la recherche de survivants de
Le ministre népalais de l’Energie, Biraj Bhakta Shrestha, a souligné la complexité de la situation sur le terrain. Les interventions dans les tunnels se heurtent à de lourds obstacles géographiques, à des conditions météorologiques défavorables et à une interruption totale des communications.
Biraj Bhakta Shrestha, ministre népalais de l’Energie, a déclaré que les opérations se poursuivaient dans les tunnels, en dépit des difficultés liées à la géographie, aux mauvaises conditions météo et à l’absence de communications.
Le ministre a ajouté qu’ils étaient confrontés à de nombreux défis et que, en deux endroits, il n’était pas possible de faire atterrir un gros hélicoptère pour déposer le matériel nécessaire. Il a également indiqué qu’ils exploraient plusieurs scénarios pour faire avancer l’opération et qu’ils progressaient. Le Premier ministre Balendra Shah a estimé samedi que les sauvetages miraculeux des deux derniers jours avaient redonné espoir à toute la nation
.
Bilan humain et nationalités des disparus
Les derniers bilans officiels publiés dimanche font état d’au moins 1.384 morts – 1.341 au Népal et 43 morts sur le territoire chinois du Tibet – et plus de 5.500 disparus – respectivement 4.996 et 519. Parmi les personnes encore portées manquantes figurent des centaines de touristes et de pèlerins étrangers.
Les disparus dans les crues dévastatrices au Népal et
Les données communiquées indiquent qu’au moins 777 étrangers se trouvent dans cette situation. Les chiffres incluent notamment quatre-vingt-dix citoyens américains (selon l’annonce faite jeudi par le département d’Etat, tandis que l’Office du tourisme du Népal a déclaré vendredi que leur nombre était de 65), 98 ressortissants indiens portés disparus d’après les chiffres de l’Office du tourisme du Népal vendredi, ainsi que 62 ressortissants ukrainiens selon l’annonce de l’ambassade d’Ukraine à Katmandou (l’Office du tourisme du Népal ayant évalué leur nombre à 61 vendredi).

La mobilisation du côté chinois et les dégâts matériels
Côté chinois, la télévision publique CCTV a diffusé dimanche des images de pelleteuses rouges et jaunes en train de déblayer une mer de gravats au poste-frontière dévasté de Gyirong, désormais réduit à une étendue lunaire grisâtre. Selon la chaîne, plus de 2.300 secouristes et 8.800 engins sont mobilisés, concentrés sur les anciens bâtiments, les dortoirs et le parking où pourraient se trouver des victimes.
Créée par l’effondrement d’un glacier et d’un pan d’une montagne, l’immense vague d’eau glacée, de roches et de débris qui a déferlé le 26 août a tout balayé sur son passage, détruisant routes, ponts, habitations et infrastructures. Vendredi, les agences des Nations unies ont lancé un appel d’urgence pour collecter près de 50 millions de dollars pour subvenir aux besoins essentiels de 84.000 victimes, privées de tout. Le temps joue contre eux
, a insisté l’ONU. Evoquant un tsunami himalayen
, le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal, a évalué le coût de la reconstruction à plusieurs milliards de dollars
.
Pour aller plus loin