Infantino défend sa participation à un forum de paix controversé avec Trump, l’IOC minimise les inquiétudes
WASHINGTON – La présence du président de la FIFA, Gianni Infantino, à la première réunion du « Conseil pour la Paix » aux États-Unis, aux côtés de l’ancien président américain Donald Trump et d’autres chefs d’État, n’enfreint pas les règles de neutralité politique de la Charte olympique, a déclaré samedi le Comité International Olympique (CIO).
Infantino, qui est également membre du CIO, a participé jeudi à cette réunion, axée sur la reconstruction de Gaza et visant à reconstruire le territoire une fois que le Hamas aura déposé les armes. La participation d’Infantino a suscité des interrogations quant au respect des principes de neutralité politique du CIO.
« Le CIO a été en contact avec la FIFA », a déclaré un porte-parole du CIO. « Nous comprenons que la FIFA soutient, par le biais du football, un programme complet d’investissement pour la reprise du sport à Gaza, en Palestine, en fournissant des infrastructures sportives, des programmes d’éducation et de développement d’élite. »
Le porte-parole a souligné que cette initiative s’inscrit pleinement dans le rôle d’une fédération sportive internationale. « Le CIO, par le biais de la Solidarité Olympique, notre outil de développement, a soutenu et continue de soutenir le développement du sport dans la région », a-t-il ajouté.
La Charte olympique stipule que les membres doivent agir de manière indépendante des intérêts commerciaux et politiques et ne peuvent accepter « des gouvernements, des organisations ou d’autres parties, aucun mandat ou instruction susceptible d’entraver la liberté de leur action et de leur vote ».
Le « Conseil pour la Paix » initié par Trump a suscité la controverse en incluant Israël mais pas de représentants palestiniens. La suggestion de Trump que le Conseil pourrait aborder des défis au-delà de Gaza a également soulevé des inquiétudes quant à un possible affaiblissement du rôle de l’ONU en tant que principale plateforme pour la diplomatie et la résolution des conflits mondiaux.
Lors de la réunion, Infantino a arboré un chapeau rouge orné de l’inscription « USA » et des chiffres 45-47, faisant référence aux deux mandats non consécutifs de Trump à la présidence. Il a également présenté l’accord de collaboration entre la FIFA et le Conseil pour la Paix, qui prévoit la construction de 50 mini-terrains de football près des écoles et des zones résidentielles à Gaza, de cinq terrains de football de taille réglementaire dans plusieurs districts, d’une académie de la FIFA ultramoderne et d’un nouveau stade national de 20 000 places.
Trump et Infantino se sont rencontrés à plusieurs reprises, notamment en prévision de la Coupe du Monde de football qui se déroulera cet été aux États-Unis, au Mexique et au Canada. En décembre dernier, Trump a reçu le premier prix de la paix de la FIFA pour ses efforts visant à promouvoir le dialogue et la désescalade dans certains des points chauds du monde.
La présidente du CIO, Kirsty Coventry, élue en 2025, n’a pas encore rencontré Trump. Les Jeux olympiques d’été de 2028 auront lieu à Los Angeles.
Cette participation intervient dans un contexte géopolitique complexe, où le sport est de plus en plus utilisé comme outil de diplomatie et de soft power. Selon une étude récente de l’Université de Loughborough, les événements sportifs majeurs ont un impact économique significatif sur les pays hôtes, mais peuvent également être utilisés pour des objectifs politiques. Le soutien de la FIFA à la reconstruction de Gaza, bien que louable, soulève des questions sur l’équilibre entre neutralité politique et engagement humanitaire.
[Image du meeting avec Trump et les chefs d’État, légende : Le président américain Donald Trump avec d’autres chefs d’État lors d’une réunion du Conseil pour la Paix à Washington, le 19 février 2026. (Photo AP/Mark Schiefelbein)]
L’avenir du Conseil pour la Paix et son impact sur le processus de paix israélo-palestinien restent incertains. La communauté internationale observe attentivement les développements, craignant que cette initiative ne contribue à une polarisation accrue plutôt qu’à une résolution durable du conflit.
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