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IA et droit d’auteur : le gouvernement britannique fait marche arrière

Le gouvernement britannique fait marche arrière sur l’utilisation de l’IA et des œuvres protégées par le droit d’auteur

LONDRES (18 mars 2026) – Le gouvernement britannique a annoncé mercredi qu’il abandonnait ses plans controversés visant à permettre aux entreprises d’intelligence artificielle (IA) d’utiliser des œuvres protégées par le droit d’auteur sans autorisation. Cette volte-face intervient après une campagne de protestation menée par des figures emblématiques de la musique britannique, dont Paul McCartney, Kate Bush, Dua Lipa et Elton John.

Initialement, le gouvernement avait envisagé de modifier les règles de copyright pour permettre aux entreprises d’IA d’extraire des données à partir d’œuvres protégées sans obtenir le consentement des créateurs ni verser de compensation. Cette proposition avait suscité une vive inquiétude dans l’industrie musicale, craignant que l’IA ne soit utilisée pour "voler" le travail des artistes.

"Nous sommes ravis que ce changement profondément préjudiciable à l’utilisation des œuvres protégées par le droit d’auteur ait été abandonné", a déclaré Tom Kiehl, directeur général de UK Music. Il a toutefois souligné qu’il restait "essentiel que le gouvernement n’envisage aucune exception alternative au droit d’auteur qui pourrait nuire aux créateurs et aux ayants droit dans l’industrie musicale".

La décision du gouvernement fait suite à une consultation publique qui a révélé un large soutien à la protection du droit d’auteur. Selon l’Ivors Academy, 88 % des personnes ayant participé à la consultation se sont prononcées en faveur d’un renforcement du copyright et de la mise en place de licences.

"Éviter le pire résultat est une première étape", a déclaré Roberto Neri, PDG de l’Ivors Academy. Il a appelé le gouvernement à "mettre en place un cadre dans lequel les entreprises d’IA licencient les œuvres créatives avec l’autorisation des créateurs, versent une rémunération équitable et assurent la transparence aux créateurs et aux auditeurs". L’Ivors Academy a également plaidé pour l’introduction de nouveaux droits de la personnalité afin de protéger les auteurs-compositeurs contre la création de répliques générées par l’IA de leurs voix et de leurs identités.

La secrétaire d’État à la Culture, aux Médias et au Sport, Lisa Nandy, avait déjà indiqué fin de l’année dernière qu’une approche unique ne fonctionnerait pas en matière de lois sur l’IA dans les différents secteurs artistiques. Elle avait souligné l’importance de protéger les industries créatives britanniques, qu’elle considère comme un "joyau de la couronne" de l’économie du pays.

Cette affaire souligne les défis croissants posés par l’IA à l’industrie créative. Des artistes comme Paul McCartney ont exprimé leur inquiétude quant à la possibilité que l’IA prive les jeunes créateurs de la propriété de leurs œuvres et de leurs revenus.

L’industrie musicale a déjà vu des exemples concrets de l’impact de l’IA. Apple Music a récemment introduit une fonctionnalité permettant d’identifier la musique générée par l’IA, tandis que Deezer a révélé que 28 % de la musique téléchargée sur sa plateforme était entièrement générée par l’IA. L’artiste virtuel Xania Monet a même signé un contrat d’enregistrement à plusieurs millions de dollars et a réussi à se classer dans les charts américains, suscitant un débat sur la place de l’IA dans l’industrie musicale.

Le groupe de rock gallois Holding Absence a également dénoncé le fait qu’un "groupe" d’IA s’inspirant de leur musique ait dépassé leurs chiffres de streaming sur Spotify.

La décision du gouvernement britannique de faire marche arrière sur l’utilisation de l’IA et des œuvres protégées par le droit d’auteur est un signal fort en faveur de la protection des créateurs et de la préservation de l’intégrité de l’industrie musicale. Cependant, les acteurs de l’industrie soulignent qu’il reste encore beaucoup de travail à faire pour mettre en place un cadre juridique clair et équitable qui permette à l’IA et aux créateurs de coexister harmonieusement.

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