Glen Powell dans « How to Make a Killing » : un thriller qui peine à se démarquer
NEW YORK (AP) – Glen Powell, en pleine ascension à Hollywood, incarne un anti-héros cynique dans « How to Make a Killing », un thriller qui sortira en salles le 11 mars. Le film, réalisé par John Patton Ford, s’inscrit dans la lignée des œuvres récentes qui dépeignent une critique acerbe des élites fortunées, à l’instar de « Parasite », « Ready or Not » ou encore « Triangle of Sadness ». Cependant, malgré une performance charismatique de Powell, le film peine à trouver sa propre voix, s’appuyant trop fortement sur une œuvre britannique de 1949.
L’intrigue débute in medias res, avec Becket Redfellow (Powell) condamné à mort et disposant de quelques heures avant son exécution. Il confie alors à un prêtre les détails de son ascension sociale, marquée par une série d’éliminations calculées de membres de sa famille afin de mettre la main sur une fortune colossale de 28 milliards de dollars.
« L’argent ne vous apporte pas le bonheur ? C’est faux », lâche Becket en voix off, résumant l’état d’esprit qui le motive. Son histoire est une réinterprétation moderne de « Kind Hearts and Coronets », une comédie britannique culte d’Ealing Studios, dans laquelle Alec Guinness incarnait huit membres d’une même famille.
Si « How to Make a Killing » parvient à captiver grâce à son rythme soutenu et à quelques pointes d’humour noir, il souffre d’un manque d’originalité. Le scénario, bien que plaisant, ne creuse pas suffisamment les thèmes abordés, notamment la critique sociale et la question de l’héritage.
Le casting secondaire apporte une touche de fraîcheur, avec notamment Rafferty Law, dont le pedigree hollywoodien (fils de Jude Law) est un clin d’œil amusant au thème du film. Bill Camp et Zach Woods se distinguent également par leurs interprétations savoureuses.
Powell, qui a récemment brillé dans « Hit Man », offre une performance convaincante, mais son personnage manque de la complexité et de l’ambiguïté qui auraient pu le rendre véritablement mémorable. Il incarne davantage un Bruce Wayne désabusé qu’un Patrick Bateman froid et calculateur.
En définitive, « How to Make a Killing » est un thriller divertissant, mais qui ne laissera pas une empreinte durable. Le film, bien que techniquement solide, manque de l’audace et de l’originalité nécessaires pour se démarquer dans un genre en plein essor. Il s’agit d’une œuvre honnête, mais qui ressemble davantage à un lointain cousin qu’à un héritier légitime de la tradition cinématographique qui dénonce les excès du monde des riches.
