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Honduras : “Tisser la mémoire” soutient les familles des disparus

Honduras : Le CICR soutient les familles brisées par les disparitions, une plaie ouverte qui perdure

Tegucigalpa, Honduras – Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) intensifie son soutien aux familles honduriennes déchirées par la disparition de leurs proches, une crise humanitaire qui continue de s’aggraver. À l’approche de la Journée internationale des victimes de la disparition (30 août), l’organisation tire la sonnette d’alarme sur le sort de milliers de personnes dont le sort reste inconnu, laissant derrière elles des vies suspendues et des douleurs indicibles.

Le Honduras, comme de nombreux pays d’Amérique centrale, est confronté à une crise des disparitions, souvent liée à la violence des gangs, à la migration clandestine et à l’impunité. Les familles vivent une attente interminable,rongées par l’incertitude et le désespoir.

“Chaque famille à la recherche d’un être cher est engagée dans une course contre la montre, une épreuve douloureuse et épuisante,” souligne le CICR. L’organisation cite le cas poignant de Don Iván Manueles, qui a reçu le dernier appel de sa fille Wendy en 2013, alors qu’elle était en route vers les États-Unis. un an plus tard, sa femme Teodolinda est décédée, emportée par un accident vasculaire cérébral que sa famille attribue à l’angoisse de ne pas savoir ce qu’était devenue leur fille. Don iván conserve précieusement les souvenirs de Wendy et de sa femme, un témoignage silencieux de la douleur et de la perte.

D’autres familles partagent des histoires similaires, hantées par les questions sans réponses et le besoin impérieux de connaître la vérité. Le CICR constate que les enfants sont particulièrement vulnérables face à cette situation,souvent confrontés à la disparition d’un parent ou d’un proche,ce qui laisse des cicatrices profondes et durables.

Un droit fondamental : Connaître le sort de ses proches

Le CICR rappelle que le droit de connaître le sort de ses proches est un droit humain fondamental. L’organisation s’engage à accompagner les familles, en leur offrant un soutien psychosocial, des soins de santé et un accès à la justice. Elle fournit également une assistance technique aux États pour les aider à remplir leurs obligations en matière de disparition, notamment en matière d’enquêtes, de recherche de personnes disparues et de protection des victimes.

Au-delà de la douleur immédiate : une crise structurelle

La crise des disparitions au Honduras ne se limite pas à la douleur individuelle des familles. Elle révèle des failles profondes dans le système judiciaire, la sécurité et la protection des droits humains. L’impunité, la corruption et le manque de ressources entravent les efforts pour enquêter sur les disparitions et traduire les responsables en justice.

Le CICR insiste sur la nécessité d’une approche globale et coordonnée pour faire face à cette crise. Cela implique de renforcer les institutions, de promouvoir l’état de droit, de lutter contre la violence et de garantir la protection des migrants et des personnes vulnérables.

Tisser la mémoire, nourrir l’espoir

L’organisation met également en avant l’importance de la mémoire et de la solidarité. “En tissant la mémoire, nous nous souvenons non seulement de ceux qui n’ont jamais cessé de regarder, mais nous tissons également des liens, du dialog et de l’espoir,” affirme le CICR.

Le soutien aux familles de personnes disparues est un impératif moral et une condition essentielle pour construire une société plus juste et plus humaine au Honduras. Le CICR continue de travailler aux côtés des familles, des autorités et de la société civile pour faire en sorte que la vérité et la justice soient rendues, et que le droit de connaître le sort de ses proches soit enfin respecté.

Contact presse :

Claudia Nieto Anderson (Honduras): [email protected]

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