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Guillermo del Toro : Émotion, Casting et Enfant Intérieur

Guillermo del Toro : L’enfance, la foi et les monstres au cœur de son œuvre

PARK CITY, Utah – Guillermo del Toro, le réalisateur mexicain nominé aux Oscars, a dévoilé des détails fascinants sur son processus créatif et les influences profondes de son enfance lors d’une rétrospective de son film Cronos au Festival du film de Sundance 2026. Loin de l’image du cinéaste mystérieux, del Toro s’est présenté comme un être humain vulnérable, guidé par un enfant intérieur qui façonne encore aujourd’hui son œuvre.

Le réalisateur, connu pour ses univers sombres et fantastiques, a expliqué que l’émotion est au cœur de chaque image qu’il crée. “Chaque partie du processus doit être émotionnelle. Ce que je ressens à propos d’une image est primordial, car si je suis touché, le public le sera aussi,” a-t-il déclaré lors d’une conversation reprise sur la chaîne YouTube Still Watching Netflix (https://www.youtube.com/watch?v=tThIpKCXfJI). Il décrit son travail sur le scénario comme un processus musical, où il compose des playlists pour capturer l’atmosphère et les émotions des scènes.

Cette quête émotionnelle est particulièrement visible dans son prochain film, Frankenstein. Del Toro a révélé qu’il avait choisi Oscar Isaac, Jacob Elordi et Mia Goth non pas pour leur talent, mais pour leurs yeux. “Je caste les yeux,” a-t-il affirmé. “Les yeux de l’acteur créent le personnage.” Il a expliqué que les yeux d’Isaac reflétaient le génie et la conviction de Victor Frankenstein, ceux d’Elordi l’innocence de la créature, et ceux de Goth la compréhension des desseins divins.

Pour préparer ses acteurs, del Toro ne se contente pas de leur envoyer des scripts. Il leur offre un véritable voyage immersif dans l’univers du personnage, avec des livres, des biographies détaillées et même des vêtements d’époque. Mia Goth, par exemple, a reçu une garde-robe du XIXe siècle. Il privilégie également les dîners informels pour créer une relation humaine avec son équipe, rejetant l’idée d’une distance hiérarchique. “Je n’aime pas la personnalité du réalisateur, la star. Je n’aime pas le mystère. Je pense que le mystère est un mensonge,” a-t-il insisté.

L’influence de son enfance catholique mexicaine est également omniprésente dans son travail. Del Toro a raconté comment l’imagerie religieuse, souvent macabre et sanglante, l’avait marqué. Il a même reproduit une statue du Christ particulièrement frappante de son église d’enfance dans une scène de Frankenstein, photographiant l’œuvre originale à Guadalajara pour une reproduction fidèle. Il a également révélé que la prière récitée par Victor Frankenstein est une prière qu’il récitait lui-même à son ange gardien.

Del Toro considère que l’enfance n’est pas seulement une question d’âge, mais aussi un état d’âme. “Dans Frankenstein, Victor est émotionnellement bloqué à l’âge de onze ans. Et nous connaissons tous des personnes dans la quarantaine, très réussies, qui sont encore à onze ans!” a-t-il observé avec un sourire. Il a expliqué que Pacific Rim est né de l’idée que nous sommes tous des robots géants, contrôlés par un enfant intérieur souvent effrayé et vulnérable.

La rétrospective de Cronos à Sundance a offert un aperçu rare de l’âme d’un artiste qui continue de puiser dans les profondeurs de son enfance pour créer des œuvres qui résonnent avec le public du monde entier. Le film, qui a marqué ses débuts en tant que réalisateur, témoigne déjà de cette sensibilité unique et de cette fascination pour les monstres, la foi et la complexité de l’âme humaine.

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